No et moi, Delphine de Vigan

No et moi, Delphine de Vigan, Littérature française, Challenge Destins de Femmes, Challenge A tous prix, Prix des Libraires 2009, Prix du Rotary International 2009, Prix Solidarité 2009

 

4ème de couverture

« Elle avait l’air si jeune. En même temps il m’avait semblé qu’elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu’elle connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur ». D.V.

« Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n’est à l’abri… ».

 

L’auteur

Delphine de Vigan est née en 1966. Ancienne directrice d’études, elle a publié plusieurs romans : « No et moi », « Les Heures souterraines » ou encore « Rien ne s’oppose à la nuit ». Ses romans sont traduits dans plus d’une vingtaine de pays.

 

Ce que j’en pense

Ce livre m’a beaucoup touchée. Bien sûr pour la détresse de No, sa solitude, le fait qu’elle vive dans la rue. Mais c’est surtout le personnage de Lou Bertignac qui m’a émue. C’est pour cette raison que j’ai pris le parti de vous parler essentiellement d’elle.

Lou est une jeune fille surdouée. C’est une personne dont le cerveau « carbure » à plein régime en continu. Elle ne peut pas arrêter le flot de pensée, les réflexions qu’elle se fait sur tout. C’est sa manière de fonctionner et cela la rend malgré elle différente des autres. Elle est considérée « d’une maturité inquiétante » (p. 49). Ce plus n’est pas ressenti comme un avantage, une qualité, mais un défaut, voire une anomalie : « Parfois il me semble qu’à l’intérieur de moi quelque chose fait défaut, un fil inversé, une pièce défectueuse, une erreur de fabrication, non pas quelque chose en plus, comme on pourrait le croire, mais quelque chose qui manque » (p.77).

Le personnage de Lou est remarquablement bien traité par Delphine de Vigan. Le réalisme est saisissant. Il est en effet très difficile de comprendre ce type de personnalité à moins d’être soi-même concerné.

L’auteur traite également de la maternité. Elle nous pousse à réfléchir sur l’instinct maternel.  Avec cette question lancinante : Qu’est-ce qui fait basculer une mère pour qu’elle rejette son enfant ?

No est née des suites d’une agression. Sa mère la rejette en bloc.

La mère de Lou fait une profonde dépression après avoir perdu un bébé de quelques mois. Lou souffre que sa mère « ne l’aime plus depuis que Thaïs est morte ».

La constatation que l’on peut faire, notamment, est que pour les deux enfants, cette situation est d’une violence inouïe. Mais pour les deux mères, c’est de l’ordre de la survie.

Lou a décidé de sauver No de la rue, et quelque part, d’elle-même. Mais à la lecture de ce roman, on ne peut que penser la chose suivante : et si en réalité, c’était No qui sauvait Lou et ses parents ?

 

Extraits et citations

« Le cerveau pris en faute. Axelle Vernoux et Léa Germain pouffent en silence derrière leurs mains, une dizaine de bracelets tintent de plaisir à leurs poignets. Si je pouvais m’enfoncer cent kilomètres sous terre, du côté de la lithosphère, ça m’arrangerait un peu. J’ai horreur des exposés, j’ai horreur de prendre la parole devant la classe, une faille sismique s’est ouverte sous mes pieds, mais rien ne bouge, rien ne s’effondre, je préfèrerais m’évanouir là, tout de suite, foudroyée, je tomberais raide de ma petite hauteur, les Converse en éventail, les bras en croix, Monsieur Marin écrirait à la craie sur le tableau noir : ci-gît Lou Bertignac, meilleure élève de la classe, asociale et muette ».

« … je suis fière qu’elle ne me traite pas comme une gamine parce que je sais bien ce que ça signifie et la différence qu’il y a avec d’autres mots pour dire la même chose, et que les mots ont leur importance et les nuances aussi » (p.110).

« Elle s’étonne, le temps passe si vite, déjà Noël, déjà l’hiver, déjà demain et rien ne bouge, voilà le problème, en effet, notre vie est immobile et la terre continue de tourner » (p. 75).

 

Prix

  • Prix des libraires 2008
  • Prix du Rotary International 2009
  • Prix Solidarité 2009

 

Bonus

« No et moi » a été adapté au cinéma par Zabou Breitman. C’est un joli film mais il faut impérativement avoir lu le livre avant au risque de ne pas tout comprendre.

 

Bonne soirée…

 

Ce livre participe aux Challenges :

 

Challenge destins de femmes, Tête de litote

 

Challenge A tous Prix, Laure, Ma danse du Monde

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4 réflexions sur “No et moi, Delphine de Vigan

  1. Je l’ai acheté récemment bien que j’avais quelques réserves au départ (je ne sais même pas pourquoi d’ailleurs !). Mais il faut le lire pour en faire son avis alors c’est ce que j’ai décidé 😀
    Merci pour ta participation 🙂 bises

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