La déchéance de Mrs Robinson, de Kate Summerscale

La déchéance de Mrs Robinson, Kate Summerscale

4ème de couverture

« 1844, Isabella Walker épouse l’ingénieur Henry Robinson. 1850, elle s’éprend d’Edward Lane, jeune et brillant médecin, et relate cette passion fantasmée dans son journal intime. 1855, Henry dérobe ces écrits et l’accule au divorce, faisant de cette femme l’héroïne bafouée d’un procès scandaleux, qui excite les préjugés d’une société victorienne régie par les hommes. Un tableau saisissant de l’intenable condition féminine dans l’Angleterre corsetée du XIXème siècle ».

 

L’histoire

Isabella Robinson, épouse d’Henry Robinson, connaît un mariage malheureux. Son époux la trompe et la maltraite. Femme cultivée, curieuse, et passionnée, elle se laisse envahir par des élans du cœur envers des hommes de son entourage, notamment Edward Lane. Elle consignera tout dans son journal intime. Lorsque son mari découvrira ce journal, il demandera le divorce, alors récemment institué. C’est la déchéance d’une femme dans la société victorienne.

 

L’auteur

Kate Summerscale est née en 1965. Elle est l’auteur de « The Queen of Whale Quay » (Prix Somerset Maugham), et de « L’Affaire de Road Hill House » (Prix Samuel Johnson, et Galaxy British Award). Elle a été membre de jurys de nombreux prix littéraires, parmi lesquels le Booker Prize.

 

Ce que j’en pense

Le sous-titre de ce livre est « Journal intime d’une dame de l’époque victorienne ». C’est un roman surprenant. On s’attend à lire une histoire classique d’ennui conjugal, de tromperie et de procès « en direct ». Il n’en est rien. Kate Summerscale a pris le parti de raconter son histoire comme si un narrateur racontait les faits. On assiste au déroulement chronologique de sa vie, et de celle des différents protagonistes. Le tout est scindé en deux parties, elles-mêmes découpées en chapitres. La seconde partie est celle qui relate effectivement le procès en divorce.

Mais la singularité et l’intérêt de ce livre ne s’arrêtent pas là. L’auteur nous fait traverser une page de l’histoire britannique concernant, non seulement le divorce et la condition féminine, mais également l’évolution de la science, la littérature et l’impact des auteurs sur les consciences.

La situation des femmes au 19ème siècle n’était pas enviable. On leur prêtait toutes les folies et tous les dérèglements. Elles n’avaient aucune existence juridique, les hommes avaient tous pouvoirs sur elles, et la sexualité, au centre de nombre de préoccupations, était stigmatisée comme le Vice absolu.

Kate Summerscale, dans une écriture fluide, nous fournit un récit complet, dense et documenté sur les mœurs de l’époque, avec pour point central les débuts de la procédure de divorce, détachée de l’influence de l’Eglise.

Les tâtonnements juridiques, les ignominies faites aux femmes sont rigoureusement argumentés.

Je ne peux que vous conseiller ce livre.

 

Extraits et citations

« Son univers s’est détérioré. Plus de sorties avec Edward ni de dîners avec des romanciers et des philosophes ; rien que des tâches domestiques et la compagnie des enfants et du revêche Henry » (p.68).

« Elle s’accommode à contrecœur de la discrétion et de la réserve qu’on attend d’elle » (p.73).

 

Ce livre a été lu dans le cadre de Masse Critique, organisé par Babelio. Je remercie les Editions 10/18 pour l’envoi de cet exemplaire.

Masse critique, Babelio

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23 réflexions sur “La déchéance de Mrs Robinson, de Kate Summerscale

  1. J’ai étudié la marche des femmes vers l’indépendance il y très longtemps à la fac alors tu comprendras que ce livre m’intéresse beaucoup.
    Je te remercie pour ta chronique qui m’a permis de le découvrir.
    Bonnes lectures

    • Merci 🙂 C’est un livre qui mérite d’être lu. Il est très documenté, très précis. La condition des femmes a toujours été difficile et leur émancipation a toujours été un dur combat. Il l’est toujours d’ailleurs. Ce genre de livre permet de s’en rendre compte.
      Bonnes lectures à toi aussi 🙂

  2. Donc, résumons : monsieur peut aller tremper son biscuit dans toutes les tasses de café qui passent, mais madame doit rester avec les toiles d’araignées mal placées ? Monsieur a des droits et pas madame…

    Peut-on guillotiner ce charmant monsieur ? 😆 J’ai noté ce roman !

  3. Pingback: Challenge Histoire : le récapitulatif | Falaise Lynnaenne

  4. Je le note aussi, j’ai aussi une étude socio sur les bas-fonds de Londres. Deux entrée différentes pour une même époque. J’allierai leurs lectures.

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