Sa vie dans les yeux d’une poupée, Ingrid Desjours

Sa vie dans les yeux d’une poupée, Ingrid Desjours, Thriller, Littérature française, Policier, Pocket

 

4ème de couverture

« Provocateur, cynique et misogyne, Marc est affecté à la brigade des mœurs après un grave accident. Quand, dans le cadre d’une enquête, il croise la douce Barbara, le policier est troublé par son regard presque candide, touché par cette fragilité que partagent ceux qui reviennent de loin. Emu. Au point de croire de nouveau en l’avenir.

Mais il est aussi persuadé qu’elle est la pièce manquante pour démasquer le psychopathe qu’il traque. Et s’il se trompait ? Le pire des monstres est parfois celui qui s’ignore, quand bien même il rêve sa vie dans les yeux d’une poupée… ».

 

L’histoire

Barbara est une jeune femme fragile, qui collectionne les poupées pour palier l’amour que lui refuse sa mère, dure et cruelle. Un drame a eu lieu qui a laissé ses traces.

Le soir de son anniversaire, la jeune femme presse le pas. Elle doit passer chercher les cadeaux qu’elle se fait elle-même : une poupée et une photo. Sa mère va encore la disputer, elle décide alors de prendre un raccourci, et pénètre dans le parc sombre. Sans se douter que sa vie va basculer.

 

L’auteur

Née en 1976, Ingrid Desjours est psychologue spécialisée en sexo-criminologie. Elle est également consultante en psychologie et scénariste pour des séries policières françaises, notamment sur TF1. Echo (Plon, 2009), son premier roman, a été remarqué et plébiscité. Potens a paru en 2010 chez le même éditeur. La même année, Connexions, un roman interactif coécrit par l’auteur et des internautes, a été lancé dans l’émission « Au Field de la nuit » sur TF1. Il est sorti aux éditions Plon en 2011. Ingrid Desjours a écrit depuis Sa vie dans les yeux d’une poupée (2013), aux éditions Plon, et Tout pour plaire (2014) ainsi que Les Fauves (2015) aux éditions Robert Laffont.

 

Ce que j’en pense

Dur. Violent. Insoutenable. Mais un des meilleurs thrillers que j’ai lus.

Impossible de lâcher ce livre.

Alors autant vous prévenir : âmes sensibles s’abstenir. Mais VRAIMENT. La cruauté et la violence de ce roman coupe le souffle, et nous laisse, lecteurs-voyeurs, impuissants et dégoûtants de curiosité « parce qu’on veut savoir la suite ».

Ce roman est une vraie claque.

Et le paradoxe, c’est qu’en parallèle de cette cruauté sans borne, on trouve une fragilité, une douceur et une humanité à la hauteur de cette sombre violence. Un parallélisme parfait.

La genèse d’un psychopathe, avec ses fêlures. Le drame qui aurait pu être évité. Une vie, des vies, brisées.

Et puis ce flic, autre victime de la fatalité, qui survit plus qu’il ne vit.

 

– Qu’est-ce qui vous fait tant souffrir ?

Il n’est rien qui ne l’écorche. Mais comment l’expliquer ? Comment raconter les gens qui parlent fort, les gens qui causent vulgaire. L’odeur, la puanteur de leurs rêves de pacotille, de leurs envies de bas étage, de cette jalousie purulente qui oriente chacun de leurs choix dans une illusion de libre arbitre aussi farfelue que rassurante ? Tout l’indispose dans cette farandole d’égoïstes, d’imbéciles autocentrés qui n’ont rien d’autre que des vitrines virtuelles sur des réseaux saturés pour se faire mousser » (p.132).

 

La rencontre entre deux paumés, deux blessés de la vie. Naïfs et implacables. Sombres et lumineux.

Alors bien sûr, ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains. Je comprends mieux maintenant que je l’ai lu pourquoi mes copinautes de la blogo et de youtube disaient de ce livre qu’il les avait marquées et qu’il fallait du temps pour s’en remettre.

Les personnages sont savamment travaillés. Les caractères sont construits, leur psychologie est réaliste.

L’analyse de la société, des personnages, de la vie, est juste.

 

« Non c’est elle qui m’a trahit. Et c’est le deuil de moi… De mon ancien moi, que je n’ai pas dû faire, je suppose. Et pour être franc, je m’en fiche. Je n’ai pas envie d’aller mieux en effet. Parce que je ne veux pas oublier la souffrance, pour ne plus jamais retomber dans le piège de… ». (p.133-134)

 

« Son orgueil, c’est de caser son cul dans un jean serré. D’arborer un sourire peroxydé et des marques qui coûtent un œil fabriquées par des enfants exploités. La femme d’aujourd’hui c’est une coquille vide». (p.134)

 

« – Je… Je lui demande de se soulager dans sa couche en attendant qu’on lui fasse sa toilette… avoue l’infirmière, honteuse.

– Voilà. Toucher à la dignité d’une personne. La forcer à faire dans une couche juste parce qu’elle ne peut marcher seule. C’est ce que j’appelle déshumaniser les vieux. Ils deviennent animaux, étrangers à leur propre corps, sont obligés de subir des humiliations au quotidien et finissent par préférer glisser dans l’apathie et le détachement en attendant la mort plutôt que de se voir subir ça… » (p.201).

 

Ingrid Desjours a l’écriture fluide, le style juste. Les mots sont crus, les situations parfaitement décrites.

 

 

 

Coup de coeur !

 

Ce livre participe aux Challenges

Plan ORSEC 2016

3890

RAT A Week Spring Edition

Marathon Thriller / Policier

Le mois du Thriller

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9 réflexions sur “Sa vie dans les yeux d’une poupée, Ingrid Desjours

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