L’homme qui marche, Jirô Taniguchi

L’homme qui marche, Jirö Taniguchi, Chroniques Littéraires, BD, Casterman

 

 

4ème de couverture

« Bon ! Je vais faire un tour dans le quartier ».

 

« Qui prend encore le temps, aujourd’hui, de grimper à un arbre en pleine ville ?

D’observer les oiseaux, de jouer dans les flaques d’eau après la pluie ? D’aller jusqu’à la mer pour lui rendre un coquillage ? L’homme qui marche, à travers ses balades souvent muettes et solitaires, nous invite à partager le bonheur de déambuler au hasard ».

 

L’auteur

Jirô Taniguchi est né en 1947 à Tottori. Il débute dans la bande dessinée en 1970 avec Un été desséché. De 1979 à 1989, il publie notamment, avec le scénariste Natsuo Sekikawa, les cinq volumes d’Au temps de Botchan. A partir de 1991, Jirô Taniguchi signe seul de nombreux albums, dont L’Homme qui marche, Le Journal de mon père, Un ciel radieux, et plus récemment Le Gourmet solitaire et Le Promeneur, en collaboration avec Masayuki Kusumi et Un zoo en hiver. Le premier volume de Quartier lointain, qui a remporté lors du Festival d’Angoulême 2003 l’Alph’Art du meilleur scénario, a également reçu le prix Canal BD des librairies spécialisées. Une adaptation cinématographique de cette œuvre est sortie en salles en 2010. Auteur très populaire en France, Jirô Taniguchi a été nommé chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres par le ministre de la Culture en juillet 2001.

 

Ce que j’en pense

Cette BD est une réelle bouffée d’oxygène et de sérénité en ces temps difficiles. La phrase de la 4ème de couverture est d’une cruelle ironie alors que nous sommes en plein confinement.

 

« Bon ! Je vais faire un tour dans le quartier. »

 

 

L’homme qui marche, Jirö Taniguchi, Chroniques Littéraires, BD, Casterman

Cette BD est une véritable ode à la contemplation, au Carpe Diem. Le personnage redécouvre sa ville au gré de ses balades solitaires. Il fait des rencontres, observe la nature, les éléments.

L’auteur réussit avec un graphisme en noir et blanc très sobre à nous faire ressentir le calme qui nous manque tant, nous gens pressés qui ne savons plus goûter les plaisirs simples de la vie.

Une BD sans trop de dialogues, à découvrir !

 

L’homme qui marche, Jirö Taniguchi, Chroniques Littéraires, BD, Casterman

 

Coup de coeur !

 

 

Aquarium, David Vann

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4ème de couverture

« Caitlin, douze ans, vit avec sa mère dans un modeste appartement d’une banlieue de Seattle. Afin d’échapper à la solitude et à la grisaille de sa vie quotidienne, chaque jour, après l’école, elle court à l’aquarium pour se plonger dans les profondeurs du monde marin, qui la fascine. Là, elle rencontre un vieil homme qui semble partager sa passion pour les poissons et devient peu à peu son confident. Mais la vie avec Caitlin bascule le jour où sa mère découvre cette amitié et lui révèle le terrible secret qui les lie toutes les deux à cet homme ».

 

L’auteur

David Vann est né en 1966 sur l’île Adak, en Alaska. Il est l’auteur de Sukkwan Island, qui a obtenu le prix Médicis étranger en 2010 et a été traduit dans plus de cinquante pays, ainsi que de Désolations, d’Impurs, d’Un dernier jour sur terre, de Goat Mountain et de L’Obscure Clarté de l’air. David partage désormais son temps entre l’Europe et la Nouvelle-Zélande.

 

Ce que j’en pense

Commencer un roman de David Vann, c’est comme se préparer à plonger en maillot de bain dans la froideur glaciale de la mer arctique. On retient son souffle, on se prépare psychologiquement, on sait qu’on va se prendre une claque magistrale, qu’on va regretter d’avoir sauté, mais une fois les multiples émotions encaissées, on en ressort avec la certitude d’avoir eu un des moments les plus intenses de notre vie.

David Vann nous raconte des histoires banales, des actes du quotidien assez classiques pour ne pas dire sordides. Des moments de tendresse aussi, comme dans ce roman où Caitlin s’éveille au sentiment amoureux, ou bien lorsqu’elle se rapproche de ce vieux monsieur, dont je ne vous dévoile pas l’identité même si on comprend de qui il s’agit.

Mais tout le talent de l’auteur, c’est de faire de ces moments insignifiants de prime abord des moments d’une intensité rare. La violence n’est jamais loin. Et quelle violence ! Jamais un roman ne m’aura autant fait détester l’un des personnages. J’assistais, impuissante, à une injustice insupportable. Caitlin dira plus tard dans le roman :

 

« La fin aussi, de l’amour simple et entier envers ma mère. Les limites de mon propre pardon » (p.230).

 

Ce roman nous fait nous interroger sur notre propre capacité à pardonner, et aussi sur notre degré à supporter l’insupportable.

Il touche aussi à ce qui transforme un être en un monstre sans cœur, un être qui a été brisé, qui a dû lutter et ce que cela aura comme impact sur sa vie future.

Peut-on réparer ce qui a été cassé ? Peut-on réparer et reconstruire une relation, une personnalité ? Quel est le degré de résilience possédé par chaque être humain ? Quelles sont les limites à l’amour filial ?

Et aussi une des questions les plus taboues : peut-on cesser d’aimer ses parents ?

J’aurais apprécié toutefois d’avoir des réponses à certaines questions. Comme l’identité du père de Caitlin dont l’existence est évoquée brièvement par la mère, mais sans plus de détails. Certains éléments sont édulcorés ou mis de côté alors que d’autres sont très détaillés, parfois sans que l’on comprenne vraiment leur importance.

Prenons l’aquarium. Du titre à son omniprésence dans le roman, il est certain qu’il est un personnage à part entière. Il représente une symbolique forte. Giron maternel ? Calme et torpeur dans l’existence tumultueuse et dure de cette adolescente ? Caitlin est fascinée par les poissons, elle s’identifie à eux. On notera les illustrations de l’auteur sur ces poissons, au fil des pages.

Si l’écriture est fluide, les dialogues compréhensibles malgré l’absence de mise en exergue par personnages, la fin, quoique magistrale sur le plan des émotions, reste bâclée, trop rapide pour conclure de cette façon un roman de cette intensité. On pardonnera toutefois à David Vann, ne serait-ce que pour cette d’histoire d’amour, de haine, de résilience et de pardon.

 

Coup de coeur !

 

 

Aquarium, David Vann, Chroniques Littéraires, Littérature, Littérature américaine, Book

Traduit de l’américain par Laura Derajinski

Editions Gallmeister 2018 – 236 pages

Mon article sur Sukkwan Island

 

Ce livre a été lu en lecture commune avec Denis que je remercie pour ces excellents moments de partage. Pour  avoir son avis c’est par ici !

 

Ce livre participe au Challenge de l’épouvante, Edition Autumn, Witches & Pumpkin

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Ce livre participe au Challenge Le mois américain

 

 

 

Mort et déterré, tome 1 Un cadavre en cavale, Jocelyn Boisvert & Pascal Colpron

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4ème de couverture

« Dernier jour d’école.

Un coup de couteau.

Un adolescent assassiné.

Une famille ravagée par le deuil.

Six pieds sous terre,

Un macchabée se retourne dans sa tombe.

Une évasion inattendue.

Un cadavre en cavale.

Un zombie en liberté ».

 

 

Les auteurs

Dessin

Pascal Colpron est né le 9 février 1973 à Montréal (Québec, Canada).

Après des études variées en arts visuels et communication, en graphisme ainsi qu’en animation, Pascal a oeuvré comme illustrateur dans une boîte d’effets spéciaux numériques pour une dizaine d’années avant de faire le saut dans la bande dessinée. Il s’est fait remarquer par son blog BD sur sa vie de nouveau papa et a eu le bonheur d’assister Delaf sur les décors des tomes 4 à 7 des Nombrils. En plus d’illustrer des couvertures de livres, il travaille maintenant sur une série historique pour un magazine jeunesse québécois et, sur des scénarios de Jocelyn Boisvert, dessine les aventures de Yan Faucher, le sympathique zombie de Mort et Déterré.

Scénario

Jocelyn Boisvert est né dans la région de l’Estrie au Québec. Après un détour en théâtre et des études en scénarisation et en littérature, il se consacre à temps plein à l’écriture de romans pour adolescents. Sa bibliographie compte plus d’une quarantaine de titres qui lui ont valu plusieurs distinctions, dont le Prix Victor-Martyn-Lynch-Staunton, récompense décernée par le Conseil des arts du Canada à un écrivain canadien à mi-carrière.

Depuis qu’il a collaboré dans sa jeunesse avec le dessinateur Marc Delafontaine sur différents projets, l’écrivain caresse le rêve de scénariser de la bande dessinée, le 9e art lui permettant de faire le pont entre ses deux grandes passions : la littérature et le cinéma. Eh bien, c’est chose faite avec la nouvelle série Mort et déterré, une adaptation libre de l’un de ses romans paru chez Soulières éditeur (finaliste au Prix du Gouverneur général).

L’auteur réside actuellement aux Îles-de-la-Madeleine, archipel québécois situé au coeur du golfe du Saint-Laurent, voisin des îles Saint-Pierre et Miquelon.

 

 

Ce que j’en pense

Cette BD touche un sujet assez sensible. L’assassinat d’un adolescent.

Mais si le sujet est difficile, je dois dire que l’on est très vite happé par l’histoire. Tous les sentiments s’y confrontent. La joie, la peine, la désolation. On ressent une légère angoisse au début, quand on prend conscience du côté morbide de la chose. C’est très particulier de se représenter un cadavre dans son cercueil six pieds sous terre. Claustrophobes, vous êtes prévenus.

Pour autant, cette BD est une excellente découverte. Le dessin est assez classique mais joyeux.

Certains passages sont assez cocasses. Je vous laisse imaginer le copain en train de déterrer le corps pas si inanimé que ça…

C’est un tome 1, l’histoire se met en place avec plusieurs personnages. Il faudra certainement attendre la suite pour que chacun puisse exprimer tout son potentiel.

Je vous la recommande, l’automne est propice à une lecture avec un cadavre en cavale !

 

Coup de coeur !

 

Cette BD participe aux Challenges

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Challenge BD 2018-2019