Mr Mercedes, Stephen King

Mr Mercedes, Stephen King, Thriller, Chroniques Littéraires, Albin Michel

 

4ème de couverture

« Foncer sur une foule dans sa SL 500 12 cylindres : le moment le plus grisant de la vie de Mr Mercedes.

Et le carnage lui a tellement plu qu’il n’a qu’une envie : recommencer.

Au plus vite… ».

 

L’auteur

Est-il nécessaire de présenter Stephen King ? L’auteur aux ouvrages connus mondialement, dont plusieurs ont été portés au grand écran ? Parmi ses romans, on citera entre autres, Ca, La ligne verte, Dolores Claiborne, Misery, Shining

 

Ce que j’en pense

Stephen King qui s’essaie au thriller, je fonce. Un peu dubitative sur le titre de ce livre qui ne me plaît que moyennement, j’attends un peu, même si j’ai eu la trilogie et L’Outsider en un seul achat.

Pourquoi ai-je attendu aussi longtemps ?!

Le talent de conteur de Stephen King n’est plus à démontrer. Ce mec arrive à rendre intéressant le moment où le personnage se fait un sandwich, c’est dire…

Le thriller, sobre mais extrêmement efficace va vous faire passer des nuits blanches parce que vous n’aurez pas envie de le lâcher. L’auteur pose le décor, présente ses personnages, tisse sa toile qui se referme sur nous, lecteurs ferrés par sa plume démoniaquement addictive.

Les personnages sont construits, le décor soigneusement planté.

L’histoire n’est pas dénuée d’humour. J’ai rigolé plusieurs fois (vers la fin du livre, lisez-le vous comprendrez…)

Stephen King nous surprend par sa façon de mener l’histoire. On est loin du thriller où l’auteur suit le plan détaillé de tous ses collègues.

Car Stephen King a de l’imagination, pas de fioritures, de la simplicité et c’est rudement efficace.

Un impératif si vous souhaitez lire cette trilogie (Mr Mercedes, Carnets Noirs, Fin de Ronde, sans oublier L’Outsider qui spoile Mr Mercedes) il faut commencer par Mr Mercedes. Chaque tome spoile le précédent et si vous ne les lisez pas dans l’ordre vous perdrez beaucoup en plaisir de lecture.

Un très bon livre.

 

Coup de coeur !

 

 

Mr Mercedes, Stephen King, Thriller, Chroniques Littéraires, Albin Michel

Mr Mercedes, Stephen King

(Albin Michel – 475 pages – 2015)

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Océane Bies et Nadine Gassie

Titre original : Mr Mercedes

Scribner, Simon & Schuster, Inc. – 2014

 

Publicités

The Hate U Give, Angie Thomas

The Hate U Give, Angie Thomas, Chroniques Littéraires, Racisme, Féminisme, Feminism, Littérature jeunesse, Editions Nathan

 

4ème de couverture

« STARR A SEIZE ANS, elle est noire et vit dans un quartier rythmé par les guerres entre gangs et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ces deux mondes.

Sa vie vole en éclats le soir où son amis Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux.

Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s’embrase, tandis que la police cherche à enterrer l’affaire, Starr va apprendre à redresser la tête ».

 

L’autrice

Angie Thomas est née et vit à Jackson, dans le Mississippi. Rappeuse quand elle était adolescente, elle est désormais diplômée officiellement en Ecriture créative et officieusement en Hip Hop.

The Hate U Give est son premier roman. Best seller du New York Times dès sa parution, il a été salué par la critique et récompensé de plusieurs prix prestigieux : finaliste du National Book Award et de la médaille Carnegie, lauréat du William C. Morris Award et du Michael L. Printz Honor, enfin lauréat du tout premier Walter Dean Myers Grant qui promeut la diversité dans la littérature jeunesse et jeune adulte.

 

Ce que j’en pense

Ce livre aura été une lecture forte. Dès les premières pages, une phrase m’a prise aux tripes

« Ecoute bien. The Hate U – « you », mais avec la lettre U – Give Little Infants Fucks Everybody. T-H-U-G-L-I-F-E. Ce qui veut dire que ce que la société nous fait subir quand on est gamins lui pète ensuite à la gueule. Tu piges ? » (p.25).

Cette phrase a été comme un uppercut.

J’ai posé le livre, pensive, pendant plusieurs minutes. Ces quelques mots sont d’une vérité et d’une puissance !

Ce qui pourri notre monde pourrait être enrayé par ce que nous transmettons à nos enfants. Ca fait un peu cliché de dire ça.

J’avais tellement entendu parler de ce livre que j’avais un peu peur d’être déçue. Je m’attendais à une succession de clichés (je me répète 😀 ). Pourtant, il y a quelque chose dans la façon de raconter cette histoire, une humanité. Quelque chose se dégage de ce récit, une douceur au milieu de toute cette violence. Car de la violence, il y en a. Et ce n’est pas de la fiction, cette violence, cette barbarie existent réellement. C’est terrible de se dire que de nos jours, des êtres humains sont encore traités de la sorte par d’autres êtres humains. Les animaux tuent pour se nourrir ou se défendre. Les humains tuent le plus souvent pour rien ou par plaisir. Quelle honte !

Je ne suis pas trop vocabulaire « jeunes », vous savez, les mots à l’envers, les « wesh » et autres onomatopées dont sont friandes les jeunes générations. Je fais partie de ceux qui écrivent leurs sms avec tous les mots en entier… mais dans ce roman, ce n’est pas la surenchère de ce côté « quartier ». Quelques mots sont utilisés par-ci par-là, mais tellement par petites touches que non seulement cela passe très bien mais cela sert le propos sans trop en faire.

Ce que l’on peut retenir d’ailleurs, de ce roman, c’est la simplicité avec laquelle l’autrice a su retranscrire une situation – politique, on ne va pas se mentir – compliquée, de manière simple et accessible.

Les personnages sont attachants, ils ont du caractère, et parfois c’est vrai qu’on a envie d’en secouer quelques-uns, mais en même temps, on tourne les pages, avide de savoir ce qu’il va se passer, spectateurs impuissants des drames qui se jouent. Et dans un coin de sa tête, on se dit que quelque part, au moment où nous lisons ces lignes, quelqu’un se fait assassiner lâchement pour les mêmes raisons que décrites dans ce roman.

Je suis restée marquée par cette lecture. J’ai mis plusieurs semaines avant de pouvoir lire un autre livre en entier, tellement j’étais hantée, d’une part, par la qualité de ce roman jeunesse, et d’autre part, parce que la puissance du message m’a fait énormément réfléchir.

C’était peut-être pour moi le moment pour entendre un tel message.

 

Coup de coeur !

 

The Hate U Give, Angie Thomas, Chroniques Littéraires, Racisme, Féminisme, Feminism, Littérature jeunesse, Editions Nathan

 

The Hate U Give, La Haine qu’on donne, Angie Thomas

(Editions Nathan – 496 pages – 2018)

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nathalie Bru

Titre original : The Hate U Give

Balzer + Bray (HarperCollins Publishers) – 2017

 

 

Ce livre participe au challenge #FeminiBooks

 

Challenge FeminiBooks, Féminisme

 

Le maître des illusions, Donna Tartt

Le maître des illusions, Donna Tartt, Chroniques Littéraires, Pocket, Winter

4ème de couverture

« Fuyant sa Californie natale, bourse en poche, Richard doit son entrée à l’université de Hampden, dans le Vermont, à son opportunisme bien plus qu’à son talent. Prêt à tout pour arriver haut, et vite, le voilà introduit dans la classe du professeur Julian, vouée à l’étude des Anciens, grecs et latins. Bastion de savoir et de snobisme, la petite communauté vit en vase clos, avec deux mots d’ordre : discipline et secret.

Très vite, Richard devine sous le vernis des apparences une tache indélébile, du rouge le plus sombre. Tout ici n’est que vice, secret, trahison, manipulation… ».

 

L’auteur

Née à Greenwood, dans le Mississippi, Donna Tartt a fait ses études au Bennington College, dans le Vermont. Elle est l’auteur du Maître des illusions et du Petit Copain, qui ont été traduits dans plus de trente pays. Son dernier roman, Le Chardonneret, récompensé par le prix Pulitzer, a paru en France en 2014 aux Editions Plon.

 

Ce que j’en pense

Ce roman est sans conteste un des meilleurs que j’ai pu lire ces derniers mois. On peut être effrayé par le pavé qu’il constitue, mais détrompez-vous, il se lit avec une facilité déconcertante. La plume de Donna Tartt est fluide, son talent de conteuse évident.

Chaque détail qui pourrait paraître superflu dans une autre histoire avec un autre auteur prend toute son importance dans le récit. A la façon d’un Stephen King ou d’un Joël Dicker, même une simple marche vers un pub devient partie intégrante de l’histoire pour comprendre la psychologie du / des personnage(s).

Un vrai avantage pour un roman fouillé, dense, détaillé, précis comme une horloge.

La thématique est simple : un étudiant fauché, une université et son atmosphère toute américaine, le campus, les étudiants snobs et l’élitisme d’un professeur. Professeur ovni s’il en est, qui sélectionne ses élèves comme des élus, en faisant des êtres à part, une sorte de confrérie secrète à l’intellect bien construit.

Mais quand l’arrivisme rencontre le secret, le mensonge, quand la volonté de se hisser dans les hautes sphères rencontre l’absence totale d’humanité, le décompte est lancé pour une chute vertigineuse et inéluctable.

Un meurtre va être commis. Entre vengeance, préservation des privilèges, indifférence, prise de conscience et culpabilité, le cocktail détonnant qui va faire imploser les acquis, les certitudes et surtout… faire tomber les masques.

Car le mensonge et la manipulation constituent la toile de fond de ce roman magistral.

On pardonnera volontiers à l’autrice un certain relâchement sur la fin pour clôturer cette histoire sombre et hypnotique. J’aurais apprécié que certains personnages soient plus détaillés et que certaines facilités pour terminer l’œuvre ne soient pas empruntées. Toutefois, pour un premier roman de cette ampleur on peut considérer que le job est fait et bien fait.

Un premier roman magistral que je vous recommande.

 

Coup de coeur !

 

Note : le titre original en anglais « The secret History » semble mieux correspondre à l’histoire de ces étudiants, tandis que la traduction française « Le maître des illusions » semble davantage faire référence au professeur énigmatique Julian.

 

Ce livre a été lu en LC avec Denis Lecomte, mon fidèle comparse de lecture. Encore d’excellents moments de partage et une belle découverte livresque commune.

 

Le maître des illusions, Donna Tartt, Chroniques Littéraires, Pocket, Winter

Le maître des illusions, Donna Tartt

(Pocket – 791 pages – 2014)

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Alien

Titre original : The secret History

Editions Plon 1993