Thèse sur un homicide, de Diego Paszkowski

Thèse sur un homicide, Diego Paszkowski
Ce livre a été lu dans le cadre de la Voie des Indés 2013, organisée par libfly, Libr’Aire, Mediapart et Soirées de la petite édition.

Je remercie les Editions La dernière goutte pour l’envoi de ce roman.

 

4ème de couverture

« Un brillant étudiant français, Paul Besançon, est admis à suivre le séminaire de droit pénal de la faculté de Buenos Aires, que dirige l’éminent professeur Roberto Bermudez. Tandis qu’en France, la famille du jeune homme découvre qu’il a volontairement laissé d’étranges indices derrière lui, Roberto Bermudez remarque bien vite que son étudiant méthodique et obsessionnel n’est pas qu’un bon élève. Paul Besançon emploie manifestement toute son intelligence à défier son professeur, jusqu’à élaborer une thèse singulière qu’il compte bien valider dans le sang ».

 

L’histoire

Paul Besançon est un étudiant en droit brillant, fasciné jusqu’à l’obsession par l’actrice Juliette Lewis. Son père, un ancien diplomate, l’envoie effectuer un séminaire en droit pénal tenu par son ami l’éminent professeur Roberto Bermudez, un juriste chevronné qui a gravi les échelons à force de travail et de talent.

Paul a un comportement étrange aux yeux de son père, et ce dernier compte sur son ami pour l’aider à cerner la personnalité de son fils, lequel a laissé derrière lui en partant d’étranges indices, de nombreux films de Juliette Lewis.

Paul n’est pas un étudiant comme les autres. Fermement décidé à démontrer que la Justice est impuissante, il décide de commettre un meurtre contenant le maximum de circonstances aggravantes et puni des plus lourdes peines. Le tout en restant impuni, traversant les mailles du filet de cette Justice qu’il considère inapte.

 

L’auteur

Diego Paszkowski est né à Buenos Aires en 1966. Il est romancier et nouvelliste. Il dirige des ateliers d’écriture et enseigne à l’université. Son roman, « Thèse sur un homicide », s’est vu décerner le prix du meilleur roman de l’année par le grand quotidien argentin La Nacion. Best-seller en Argentine, traduit en plusieurs langues, le livre a été adapté au cinéma avec un succès retentissant.

 

Ce que j’en pense

Ce livre est fascinant. Une fois commencé, il est impossible de le lâcher. L’écriture, nerveuse, retranscrit avec talent le flot de pensées des personnages. On réfléchit avec eux, on est dans leurs pensées. On assiste, en spectateurs impuissants et silencieux, au crime barbare perpétré par un étudiant devenu fou à lier.

Et pourtant cet étudiant captive. Son intelligence machiavélique, son culot, son aplomb, sa détermination, mais aussi la fêlure qui s’insinue peu à peu, la culpabilité, la folie qui le gagne. La folie de son obsession pour l’actrice Juliette Lewis.

Et le personnage du professeur Bermudez, homme de loi et de principes, aux blessures du cœur, qui refusera d’assister sans rien faire au triomphe de ce meurtrier qui le nargue.

Le combat du bien contre le mal. L’efficacité de la Justice.

Chaque chapitre retranscrit en alternance les pensées de Paul Besançon, et du professeur Bermudez. Tandis que ceux concernant Paul relatent sa théorie du meurtre, d’un contenu cynique, obsessionnel, et se font l’écho de son complexe de supériorité intellectuelle, ceux relatifs à Bermudez concernent davantage le récit de sa vie, de son quotidien, de ses blessures. Le contraste entre l’homme de bien et l’homme du mal.

Ce livre est puissant. Par certains côtés il m’a fait penser au film d’Hitchcock, « La corde », dans lequel deux étudiants en droit tuent et cachent le corps de leur victime dans un coffre toute une soirée. Soirée au cours de laquelle ils reçoivent leur professeur, et considèrent avoir commis le crime parfait.

Ce roman aborde la délicate question de l’efficacité de la Justice, mais aussi, sous-jacente, la question du meurtre parfait. Du déchaînement des passions humaines, de ce que serait une société sans Justice, dans laquelle les Hommes se tueraient entre eux impunément, sans raisons, sans châtiments.

Le duel entre le bien et le mal, entre l’élève et son professeur s’achève de façon magistrale.

Je vous recommande ce livre.

 

Extraits et citations

« Je ne veux pas de motif de distraction. Je ne supporte pas que vous soyez distraits, je vous l’ai déjà dit. Si vous êtes distraits au moment de rédiger un document, ou bien lorsque vous devez parler devant un juge, si vous vous laissez distraire ne serait-ce qu’une seconde, vous pouvez envoyer un homme en prison. C’est la seule chose qui importe, la manière dont vous défendez. Chaque jugement est différent, chaque jugement peut être une œuvre d’art. Si vous ne commencez pas à penser que vous êtes des artistes, vous ne persuaderez jamais personne de quoi que ce soit. Vous allez donc dès maintenant essayer d’utiliser tout ce que vous savez, et pas seulement les deux ou trois âneries apprises pendant vos études. Vous allez vous servir de tout. Si un jour vous êtes allés au musée, et j’espère bien que c’est le cas, ou si vous vous intéressez à la littérature classique ou au théâtre, tout peut vous être utile. Un avocat cultivé vaut mieux qu’un inculte surdiplômé » (p.26-27).

« Il aura voulu me surprendre, le pauvre. Il ne sait pas à qui il a affaire. Après ma relation avec Roxana, après avoir cru que mon mariage allait durer toute la vie et m’être rendu compte un jour, d’un  coup, qu’elle allait partir, qu’elle partait pour toujours, bien peu de choses peuvent me surprendre » (p.76).

« Espérons que la justice fonctionne. Si dans la vie ni le couple ni l’amour ne fonctionnent, si je n’ai pas pu avoir d’enfants et si hier j’ai descendu une bouteille entière de J&B, qu’au moins la justice fonctionne, elle. Sinon, il ne nous reste rien » (p.131).

 

Prix reçu

Prix du meilleur roman de l’année, décerné par le quotidien La Nacion

 

Bonne après-midi…

 

Ce livre participe aux Challenges suivants :

Thrillers et Polars de Liliba
Challenge Thrillers et Polars, Thrillers et Polars, Thriller, Polar, Challenge Thrillers et Polars Liliba, Liliba

A tous Prix d’Asphodèle
A Tous Prix, Challenge A Tous Prix

 

Ce livre participe à La voie des Indés

La voie des Indés, Libfly

A Tous Prix avec Asphodèle

A Tous Prix, Challenge A Tous Prix

 

Asphodèle reprend le Challenge A Tous Prix initié par Laure. Les règles sont les mêmes, seules les dates changent. Ce « nouveau » Challenge commence le 17 septembre 2013 et s’achèvera le 17 septembre 2014.

Les niveaux restent également les mêmes :

– Tableau d’honneur : 1 à 3 livres ;

– Encouragements : 4 à 8 livres ;

– Félicitations : 9  à 14 livres ;

– Prix d’excellence : 15 livres et plus (illimité).

Pour ma part, j’ai opté pour les Encouragements (4 à 8 livres).  Il est bien sûr permis de changer de catégorie en cours de Challenge.

Pour participer, c’est très simple, il suffit de s’inscrire ici.

Les liens de nos lectures seront à déposer sur le blog d’Asphodèle, une page lui est consacrée.

Le livre devra être primé lorsque nous le lirons, et s’il a reçu plusieurs Prix, il ne faudra en noter qu’un seul.

Tous les Prix seront acceptés.

Asphodèle réserve des surprises aux plus assidus   😀

N’hésitez pas à nous rejoindre !

Bon Challenge à toutes et tous !

« La Maison où je suis mort autrefois » Keigo Higashino

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Keigo Higashino est né en 1958 à Osaka. Figure majeure du polar japonais, il a reçu de nombreux Prix, dont le Prix du Polar International de Cognac pour « La Maison où je suis mort autrefois ».

C’est grâce au Challenge Ecrivains japonais 2013 proposé par Adalana, et auquel je participe, que j’ai connu Keigo Higashino. C’est l’auteur choisi pour le mois de janvier.

 

L’histoire :

« Sayaka Kurahashi va mal. Mariée à un homme d’affaires absent, mère d’une fillette qu’elle maltraite, elle a déjà tenté de mettre fin à ses jours. Et puis il y a cette étonnante amnésie : elle n’a aucun souvenir avant l’âge de cinq ans.

Quand, à la mort de son père, elle reçoit une enveloppe contenant une énigmatique clef à tête de lion et un plan sommaire conduisant à une bâtisse isolée dans les montagnes, elle se dit que la maison recèle peut-être le secret de son mal-être et décide de s’y rendre, en compagnie de son petit ami. Ils découvrent une construction apparemment abandonnée, où toutes les horloges sont arrêtées à la même heure. Dans une chambre d’enfant, ils trouvent le journal intime d’un petit garçon et comprennent peu à peu que cette inquiétante demeure a été le théâtre d’évènements tragiques…

Dans ce roman étrange et obsédant, Keigo Higashino explore – d’une écriture froide, sereine et lugubre comme la mort – les lancinantes lacunes de notre mémoire, la matière noire de nos vies, la part de mort déjà en nous ».

 

Ce que j’en pense :

Honnêtement, le Prix reçu est largement mérité ! Ce livre est remarquablement bien écrit. L’auteur, par une écriture limpide et fluide arrive à nous plonger dans l’histoire avec une facilité déconcertante. On ne « lit » pas ce livre, on « vit » ce livre. On se retrouve avec les personnages, assis à leurs côtés, on sent la pluie sur notre visage, on respire la poussière de la Maison… On a envie de poser sa main sur celle de Sayaka pour la réconforter.

J’ai retrouvé l’atmosphère des films d’horreur japonais. La description des lieux est saisissante de réalisme. Les dialogues des personnages nous entraînent, l’angoisse savamment distillée nous pousse à tourner les pages pour connaître la suite.

Les rebondissements sont multiples et maîtrisés. Rien n’est superflu.

Si j’avais un seul bémol à apporter, ce serait peut-être cette même succession de rebondissements. Pourtant, Keigo Higashino le fait avec une telle maëstria que ce léger bémol s’efface devant le plaisir de la lecture.

 

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce livre, et je vous le recommande   😉

 

Ce livre participe aux Challenges suivants :

 

–          Challenge « écrivains japonais », d’Adalana ;

 

Challenge Ecrivains japonais 2013, Adalana

 

–          Challenge Thrillers et polars, de Liliba ;

 

Challenge thrillers et polars, Liliba

 

–          Challenge « A TOUS PRIX », de Laure;

 

Challenge A tous Prix, Laure, Ma danse du Monde

 

–          Challenge « Le crime n’a pas de frontière » de Mes petites idées.

 

Challenge Le crime n'a pas de frontières, Mes petites idées
Bonne soirée…