Ouragan, Laurent Gaudé

Ouragan, Laurent Gaudé

 

4ème de couverture

« A la Nouvelle-Orléans, alors qu’une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n’ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : que reste-t-il en effet d’un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s’est dissous dans la peur ?

Seul dans sa voiture, Keanu fonce vers les quartiers dévastés, au cœur de la tourmente, en quête de Rose, qu’il a laissée derrière lui six ans plus tôt et qu’il doit retrouver pour, peut-être, donner un sens à son existence…

Dans un saisissant décor d’apocalypse, Laurent Gaudé met en scène une dizaine de personnages qui se croisent ou se rencontrent. Leurs voix montent collectivement en un ample choral qui résonne comme le cri de la ville abandonnée à son sort. Roman ambitieux à l’écriture empathique et incantatoire, Ouragan mêle la gravité de la tragédie à la douceur bienfaisante de la fable pour exalter la fidélité, la fraternité, et l’émouvante beauté de ceux qui reste debout ».

 

L’auteur

Romancier et dramaturge né en 1972, Laurent Gaudé a reçu en 2004 le prix Goncourt pour son roman Le Soleil des Scorta. Son œuvre, traduite dans le monde entier, est publiée par Actes Sud.

 

Ce que j’en pense

Le roman commence comme un chant choral avec un personnage attachant, Josephine, vieille « négresse » (c’est ainsi qu’elle se nomme elle-même tout au long de l’ouvrage, telle une litanie puissante sur sa triste condition et sa force insubmersible). Josephine est attachante, robuste, et on a tôt fait de se prendre d’affection pour elle,

« Josephine Linc. Steelson, négresse depuis presque cent ans ».

Cette femme forte nous accompagnera tout au long du roman, avec d’autres personnages, et leurs furtives rencontres mettra l’accent sur ce qui fait la vie, des gens qui se croisent sans se connaître, figures anonymes suscitant dans la majorité des cas une plate indifférence, sans aucun éclat de leurs combats intérieurs.

Ouragan, c’est Katrina, la dévastation, la destruction, le pouvoir absolu de la nature sur l’humain, frêle créature dont l’absurde et les drames peuplent l’existence.

Katrina dévaste tout sur son passage, et fait ressortir le pire et le meilleur dans chaque personnage, le sort de sa torpeur ou non, révèle un pan de sa personnalité et de ses tourments intérieurs.

Car tous les personnages de ce roman, s’ils n’ont a priori rien en commun, Josephine Linc. Steelson, vieille négresse depuis presque cent ans, Keanu  homme dans la force de l’âge proie d’un souvenir tragique sur une plate-forme pétrolière, un groupe de prisonniers plus ou moins violents, une femme seule que Keanu veut rejoindre, mère d’un enfant sans père, et cet enfant qui errera dans la ville.

Ouragan n’est pas le roman du phénomène climatique, et si on s’attend à un récit précis sur l’impact de la météo outrancière, on va être déçus. Je l’ai été, et mon comparse de lecture, Denis, également.

Et puis on prend un peu de recul, avec le temps, et on aperçoit une toute autre écriture, on découvre l’histoire sous une nouvelle lecture.

Ouragan est la métaphore de cette dévastation intérieure de ces humains malmenés par la vie. Que cette dévastation provienne de leurs choix, soit la conséquence de leurs actes ou la soumission à un destin tragique.

Laurent Gaudé a la plume fluide, agréable, une limpidité dans la noirceur de la tempête.

On ressort de ce livre perplexe, rempli d’interrogation sur ces morceaux de vies relatés, et sur l’insignifiance de la condition humaine.

Ouragan n’est pas un livre pour se détendre, mais il est puissant, intense.

Que l’on aime ou que l’on déteste, c’est un roman qui ne laisse pas indifférent.

 

***

Actes Sud, Babel,190 pages – 2010

***

 

Ce livre participe à la LC avec Denis, pour lire son avis, c’est par ici !

 

Ce livre participe aux Challenges

3890

Plan ORSEC 2016

Lady Hunt, Hélène Frappat

Lady Hunt, Hélène Frappat, Littérature française, Actes Sud, PriceMinister, Les matchs de la rentrée 2013, Esotérisme, Fantômes, Fantastique

Avant-propos

Ce livre a été lu dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire 2013.

Je remercie PriceMinister, Oliver Moss, ainsi que les Editions Actes Sud, pour l’envoi et la découverte de ce roman.

 

4ème de couverture

« Laura Kern est hantée par un rêve, le rêve d’une maison qui l’obsède, l’attire autant qu’elle la terrifie. En plus d’envahir ses nuits, de flouter ses jours, le rêve porte une menace : se peut-il qu’il soit le premier symptôme du mal étrange et fatal qui frappa son père, l’héritage d’une malédiction familiale auquel elle n’échappera pas ?

D’autres mystères corrompent bientôt le quotidien de la jeune femme, qui travaille pour une agence immobilière à Paris – plus un effet secondaire qu’une carrière. Tandis qu’elle fait visiter un appartement de l’avenue des Ternes, Laura est témoin de l’inexplicable disparition d’un enfant.

Dans le combat décisif qui l’oppose à l’irrationnel, Laura résiste vaillamment, avec pour armes un poème, une pierre noire, une chanson, des souvenirs… Trouvera-t-elle dans son rêve la clé de l’énigme du réel ?

Sur la hantise du passé qui contamine les possibles, sur le charme des amours maudites, la morsure des liens du sang et les embuscades de la folie, Hélène Frappat trace une cartographie intime et (hyper)sensible de l’effroi et des tourments extralucides de l’âme. Des ruines du parc Monceau à la lande galloise, avec liberté et ampleur elle réinvente dans Lady Hunt le grand roman gothique anglais, et toutes les nuances du sortilège ».

 

L’histoire

Laura Kern est agent immobilier dans le carré d’or à Paris. Elle entretient une liaison avec son patron, un homme marié. Hantée par un rêve récurrent dans lequel apparaît toujours la même maison, Laura est bientôt le témoin de phénomènes étranges dans son quotidien, notamment la disparition d’un enfant dans un appartement qu’elle fait visiter. Hantée, elle l’est également par le spectre d’une maladie génétique héréditaire, dont elle ignore si elle est porteuse du gêne.

Laura va lutter contre les fantômes, présents, passés et (peut-être) à venir…

 

L’auteur

Hélène Frappat est l’auteur de plusieurs romans, « Sous réserve », « L’Agent de liaison », « Par effraction », « Inverno ».

 

Ce que j’en pense

Difficile de dire si j’ai aimé ou détesté, tant ce roman me laisse un avis mitigé. Plein de promesses, le sujet est mal traité. Tous les ingrédients sont réunis pour que la magie opère, pourtant, au fil des pages, la lassitude s’installe tant le récit semble décousu.

Pour apprécier pleinement ce roman il est nécessaire de connaître la Chorée de Huntington et la légende de la Dame de Shalott. Sans cela il est délicat de profiter pleinement de l’histoire.  La transmission familiale est une notion très présente, mais les incessants flashbacks altèrent la fluidité du propos.

Sur le style, des redites, un poème récurrent – trop récurrent ? Les chapitres sont courts et l’ensemble se lit vite. Dans les premières pages j’ai été happée par le récit, puis l’ensemble est devenu laborieux, redondant et au final, pénible.

L’onirisme est présent, une certaine part de fantastique, mais là encore, je n’ai pas été captivée.

Hantée par une maison, hantée par le spectre d’une maladie héréditaire, le personnage de Laura Kern devrait nous inspirer une certaine sympathie, il n’en est rien. Pas plus que les autres personnages d’ailleurs. Qu’ils soient de passage dans le roman ou plus présents, ils laissent la même impression que la brume dans laquelle est plongé le roman du début à la fin : une impression de froide indifférence.

La brume est effectivement un personnage à part entière de ce roman. Elle accompagne le lecteur tout au long de l’histoire, à tel point qu’on finit par ne plus la remarquer (ennuyeux quand il s’agit d’un moyen d’intégrer le mystère et le fantastique à l’histoire).

Je ne vous déconseillerai cependant pas de le lire. Ce roman provoque des réactions assez dissemblables chez ses lecteurs, et je pense que plusieurs lectures sont nécessaires pour en apprécier la teneur.

 

Extraits et citations

« Je tentais partout de masquer un sentiment d’absence. Une décennie à faire semblant, semblant de travailler, d’avoir une vie sociale, de vivre » (p.47).

 

Note : 13/20

 

Bonne soirée…

 

Ce roman participe au Challenge Halloween de Lou & Hilde

Challenge Halloween 2013, Challenge Halloween, Lou et Hilde, Halloween, Halloween 2013