A Tous Prix avec Asphodèle

A Tous Prix, Challenge A Tous Prix

 

Asphodèle reprend le Challenge A Tous Prix initié par Laure. Les règles sont les mêmes, seules les dates changent. Ce « nouveau » Challenge commence le 17 septembre 2013 et s’achèvera le 17 septembre 2014.

Les niveaux restent également les mêmes :

– Tableau d’honneur : 1 à 3 livres ;

– Encouragements : 4 à 8 livres ;

– Félicitations : 9  à 14 livres ;

– Prix d’excellence : 15 livres et plus (illimité).

Pour ma part, j’ai opté pour les Encouragements (4 à 8 livres).  Il est bien sûr permis de changer de catégorie en cours de Challenge.

Pour participer, c’est très simple, il suffit de s’inscrire ici.

Les liens de nos lectures seront à déposer sur le blog d’Asphodèle, une page lui est consacrée.

Le livre devra être primé lorsque nous le lirons, et s’il a reçu plusieurs Prix, il ne faudra en noter qu’un seul.

Tous les Prix seront acceptés.

Asphodèle réserve des surprises aux plus assidus   😀

N’hésitez pas à nous rejoindre !

Bon Challenge à toutes et tous !

No et moi, Delphine de Vigan

No et moi, Delphine de Vigan, Littérature française, Challenge Destins de Femmes, Challenge A tous prix, Prix des Libraires 2009, Prix du Rotary International 2009, Prix Solidarité 2009

 

4ème de couverture

« Elle avait l’air si jeune. En même temps il m’avait semblé qu’elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu’elle connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur ». D.V.

« Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n’est à l’abri… ».

 

L’auteur

Delphine de Vigan est née en 1966. Ancienne directrice d’études, elle a publié plusieurs romans : « No et moi », « Les Heures souterraines » ou encore « Rien ne s’oppose à la nuit ». Ses romans sont traduits dans plus d’une vingtaine de pays.

 

Ce que j’en pense

Ce livre m’a beaucoup touchée. Bien sûr pour la détresse de No, sa solitude, le fait qu’elle vive dans la rue. Mais c’est surtout le personnage de Lou Bertignac qui m’a émue. C’est pour cette raison que j’ai pris le parti de vous parler essentiellement d’elle.

Lou est une jeune fille surdouée. C’est une personne dont le cerveau « carbure » à plein régime en continu. Elle ne peut pas arrêter le flot de pensée, les réflexions qu’elle se fait sur tout. C’est sa manière de fonctionner et cela la rend malgré elle différente des autres. Elle est considérée « d’une maturité inquiétante » (p. 49). Ce plus n’est pas ressenti comme un avantage, une qualité, mais un défaut, voire une anomalie : « Parfois il me semble qu’à l’intérieur de moi quelque chose fait défaut, un fil inversé, une pièce défectueuse, une erreur de fabrication, non pas quelque chose en plus, comme on pourrait le croire, mais quelque chose qui manque » (p.77).

Le personnage de Lou est remarquablement bien traité par Delphine de Vigan. Le réalisme est saisissant. Il est en effet très difficile de comprendre ce type de personnalité à moins d’être soi-même concerné.

L’auteur traite également de la maternité. Elle nous pousse à réfléchir sur l’instinct maternel.  Avec cette question lancinante : Qu’est-ce qui fait basculer une mère pour qu’elle rejette son enfant ?

No est née des suites d’une agression. Sa mère la rejette en bloc.

La mère de Lou fait une profonde dépression après avoir perdu un bébé de quelques mois. Lou souffre que sa mère « ne l’aime plus depuis que Thaïs est morte ».

La constatation que l’on peut faire, notamment, est que pour les deux enfants, cette situation est d’une violence inouïe. Mais pour les deux mères, c’est de l’ordre de la survie.

Lou a décidé de sauver No de la rue, et quelque part, d’elle-même. Mais à la lecture de ce roman, on ne peut que penser la chose suivante : et si en réalité, c’était No qui sauvait Lou et ses parents ?

 

Extraits et citations

« Le cerveau pris en faute. Axelle Vernoux et Léa Germain pouffent en silence derrière leurs mains, une dizaine de bracelets tintent de plaisir à leurs poignets. Si je pouvais m’enfoncer cent kilomètres sous terre, du côté de la lithosphère, ça m’arrangerait un peu. J’ai horreur des exposés, j’ai horreur de prendre la parole devant la classe, une faille sismique s’est ouverte sous mes pieds, mais rien ne bouge, rien ne s’effondre, je préfèrerais m’évanouir là, tout de suite, foudroyée, je tomberais raide de ma petite hauteur, les Converse en éventail, les bras en croix, Monsieur Marin écrirait à la craie sur le tableau noir : ci-gît Lou Bertignac, meilleure élève de la classe, asociale et muette ».

« … je suis fière qu’elle ne me traite pas comme une gamine parce que je sais bien ce que ça signifie et la différence qu’il y a avec d’autres mots pour dire la même chose, et que les mots ont leur importance et les nuances aussi » (p.110).

« Elle s’étonne, le temps passe si vite, déjà Noël, déjà l’hiver, déjà demain et rien ne bouge, voilà le problème, en effet, notre vie est immobile et la terre continue de tourner » (p. 75).

 

Prix

  • Prix des libraires 2008
  • Prix du Rotary International 2009
  • Prix Solidarité 2009

 

Bonus

« No et moi » a été adapté au cinéma par Zabou Breitman. C’est un joli film mais il faut impérativement avoir lu le livre avant au risque de ne pas tout comprendre.

 

Bonne soirée…

 

Ce livre participe aux Challenges :

 

Challenge destins de femmes, Tête de litote

 

Challenge A tous Prix, Laure, Ma danse du Monde

Quai d’Orsay T2, de Christophe Blain et Abel Lanzac

La BD fait son festival, avec PRICEMINISTER, Quai d'Orsay, Christophe Blain et Abel Lanzac

 

Le sujet :

« Arthur Vlaminck, le conseiller chargé des langages du ministre des Affaires Étrangères se retrouve pour la première fois au siège de l’ONU, à New York, alors que se joue la paix mondiale. La crise du Lousdem est au cœur des préoccupations. Les Etats-Unis sont décidés à déclarer la guerre au Royaume du Lousdem, soupçonné de posséder des armes de destruction massive, alors que la France, représentée par le ministre Taillard de Worms, qui souhaite garder un rôle majeur dans la diplomatie mondiale, s’y oppose. Il s’apprête justement à prendre la parole à ce sujet au siège de l’ONU.

La tension internationale est à son comble.

Vous allez avoir de franches rigolades sur le jeu des subtilités du langage diplomatique. Et savourer le sens du lyrisme de De Villepin… truculent ! »

 

Les auteurs :

Antonin Baudry est attaché culturel à l’ambassade de France à New York, mais il est aussi, sous son nom de plume d’Abel Lanzac, le scénariste de la bande dessinée Quai d’Orsay. Le deuxième volume de cette série, qu’il signe avec Christophe Blain, vient de recevoir le prix Fauve d’or d’Angoulême – prix du meilleur album 2013.

 

Ce que j’en pense :

Tout d’abord, je tiens à remercier Price Minister d’avoir proposé aux blogueurs de faire la critique d’une BD faisant partie de la Sélection Officielle du Festival D’Angoulême, et de nous avoir gentiment fait parvenir un exemplaire de la BD choisie.

C’est avec beaucoup de curiosité que j’ai entamé la lecture de « Quai d’Orsay » T2. N’ayant pas lu le premier tome, je me demandais si cela allait rendre la lecture plus ardue. Pas du tout. Les deux tomes peuvent se lire indépendamment, je n’ai pas eu de difficultés à rentrer dans l’histoire.

Le sujet traité est grave, il y est question de la Guerre d’Irak. D’ordinaire, les histoires de guerre ne sont pas ma tasse de thé, pour la violence et le côté « cours d’histoire » ennuyeux que cela peut représenter. Mais là j’ai été très agréablement surprise. Le rythme est enlevé, l’humour omniprésent. Je me suis régalée de répliques savoureuses, et je reconnais plusieurs fous rires.

Les personnages réels sont aisément reconnaissables (Dominique De Villepin notamment). Les dessins sont acérés, le rythme trépidant, caractéristiques de la vie d’un cabinet ministériel. Les coups bas, la charge de travail colossale, la difficile conciliation avec la vie privée, l’adaptation nécessaire aux codes (y a-t-il une réelle obsession des chaussures bien cirées ?   😉   ).

Les auteurs ont su restituer cette atmosphère survoltée, j’ai été happée par l’histoire, entraînée avec délice dans les méandres du pouvoir.

J’ai beaucoup aimé, et je n’ai qu’une hâte, lire le tome 1 !

Si vous ne connaissez pas « Quai d’Orsay », n’hésitez pas, vous passerez un bon moment, et vos zygomatiques aussi !

 

Extrait :

« Mais putaaaiiin, je suis pas la hot line du cabinet ! J’ai un vrai boulot, moi.

C’est pas un emploi fictif. »

(Stéphane Cahut, conseiller Nations-Unies, Afrique du Nord-Moyen Orient, à qui on vient demander ses lumières en pleine réunion stratégique).

 

A la demande de Price Minister, je vais donner une note à cette BD : 17/20.

 

Bonne soirée…

La BD fait son festival, avec PRICEMINISTER

 

J’intègre cette lecture au Challenge de Laure, Challenge à tous prix !

 

Challenge A tous Prix, Laure, Ma danse du Monde