Séquestrée, de Chevy Stevens

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4ème de couverture

« Annie a été séquestrée.

Elle a passé douze mois en enfer dans une cabane perdue au fond de la forêt.

Annie est libre, enfin, mais les séances chez le psychologue lui font revivre chaque minute.

Annie est sauve, le plus dur est derrière elle.

Du moins le croit-elle… ».

 

L’histoire

Annie O’Sullivan, 32 ans, est agent immobilier sur l’île de Vancouver. Par un beau dimanche ensoleillé d’août, alors qu’elle fait visiter une maison à un potentiel acquéreur, ce dernier lui plante le canon d’un revolver dans le dos et l’oblige à monter dans sa camionnette…
Quand Annie se réveille, elle est prisonnière dans une cabane isolée en pleine forêt. C’est le début d’un enfer qui durera plus d’un an : douze mois où le Monstre – comme Annie le surnomme – fera d’elle sa chose. Torture psychologique, abus sexuels… : tout y passera, jusqu’à ce que la jeune femme parvienne enfin à s’échapper.
Pourtant, le plus dur commence pour Annie, qui doit à présent surmonter son traumatisme, réapprendre à vivre normalement sans plus dormir enfermée dans un placard, seul lieu où elle se sent en sécurité, et, surtout, accepter l’effroyable vérité…

 

L’auteur

Chevy Stevens a grandi dans un ranch sur l’île de Vancouver (Canada). Après ses études, elle devient représentante puis agent immobilier. Les longues attentes entre deux clients dans des maisons vides lui inspirent l’idée de son premier thriller, « Séquestrée » (L’Archipel, 2011), traduit dans 20 pays. Ce premier opus a été salué par la critique et le public (il s’en est vendu plus de 1 million d’exemplaires) et a figuré parmi les best-sellers du New York Times et du Spiegel en Allemagne. « Il coule aussi dans tes veines » s’est également glissé sur la liste des meilleures ventes du New York Times. Chevy Stevens vit actuellement avec son mari et leur jeune enfant dans une maison isolée sur une île de Vancouver.

 

Ce que j’en pense

Ce thriller a été une vraie surprise. Tout d’abord parce qu’à la lecture de la 4ème de couverture et de l’histoire, je m’attendais à une succession de tortures et de sadisme insoutenables. Bien sûr, ce thriller est atroce, mais c’est davantage l’aspect psychologique de la séquestration et ses conséquences qui sont traités au fil des pages.

L’idée de narrer ce drame au cours de séances chez le psy est très adroit. Cela permet de supporter l’insupportable sans y assister réellement « en direct ». Au travers du récit d’Annie, on apprend les immenses ressources de la psyché humaine, la résilience, la volonté et l’instinct de survie. C’est d’une puissance inouïe. On assiste au pur sadisme, à toute l’horreur dont est capable un être humain à l’encontre d’un autre être humain.

Le Monstre, comme Annie le nomme, est d’une inhumanité sans bornes. Et pourtant… certains passages laissent sans voix. Peut-on éprouver de l’empathie pour un tel personnage ? Cela fait-il de nous des monstres aussi ? C’est assez perturbant.

Le suspense va crescendo. L’ensemble est extraordinairement bien construit. Je mets au défi quiconque de deviner la fin ! Une véritable bombe !

Violence, perversité, trahison, vous ne ressortirez pas de ce roman indemne.

Je vous le recommande.

 

Extraits et citations

« Je devrais peut-être placarder des affiches « Avis de recherche intérieure ». Le visage souriant qui me regardait était celui de la femme que j’étais avant. Ce n’était plus le mien » (p.237).

 

Bonne après-midi…

 

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No et moi, Delphine de Vigan

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4ème de couverture

« Elle avait l’air si jeune. En même temps il m’avait semblé qu’elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu’elle connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur ». D.V.

« Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n’est à l’abri… ».

 

L’auteur

Delphine de Vigan est née en 1966. Ancienne directrice d’études, elle a publié plusieurs romans : « No et moi », « Les Heures souterraines » ou encore « Rien ne s’oppose à la nuit ». Ses romans sont traduits dans plus d’une vingtaine de pays.

 

Ce que j’en pense

Ce livre m’a beaucoup touchée. Bien sûr pour la détresse de No, sa solitude, le fait qu’elle vive dans la rue. Mais c’est surtout le personnage de Lou Bertignac qui m’a émue. C’est pour cette raison que j’ai pris le parti de vous parler essentiellement d’elle.

Lou est une jeune fille surdouée. C’est une personne dont le cerveau « carbure » à plein régime en continu. Elle ne peut pas arrêter le flot de pensée, les réflexions qu’elle se fait sur tout. C’est sa manière de fonctionner et cela la rend malgré elle différente des autres. Elle est considérée « d’une maturité inquiétante » (p. 49). Ce plus n’est pas ressenti comme un avantage, une qualité, mais un défaut, voire une anomalie : « Parfois il me semble qu’à l’intérieur de moi quelque chose fait défaut, un fil inversé, une pièce défectueuse, une erreur de fabrication, non pas quelque chose en plus, comme on pourrait le croire, mais quelque chose qui manque » (p.77).

Le personnage de Lou est remarquablement bien traité par Delphine de Vigan. Le réalisme est saisissant. Il est en effet très difficile de comprendre ce type de personnalité à moins d’être soi-même concerné.

L’auteur traite également de la maternité. Elle nous pousse à réfléchir sur l’instinct maternel.  Avec cette question lancinante : Qu’est-ce qui fait basculer une mère pour qu’elle rejette son enfant ?

No est née des suites d’une agression. Sa mère la rejette en bloc.

La mère de Lou fait une profonde dépression après avoir perdu un bébé de quelques mois. Lou souffre que sa mère « ne l’aime plus depuis que Thaïs est morte ».

La constatation que l’on peut faire, notamment, est que pour les deux enfants, cette situation est d’une violence inouïe. Mais pour les deux mères, c’est de l’ordre de la survie.

Lou a décidé de sauver No de la rue, et quelque part, d’elle-même. Mais à la lecture de ce roman, on ne peut que penser la chose suivante : et si en réalité, c’était No qui sauvait Lou et ses parents ?

 

Extraits et citations

« Le cerveau pris en faute. Axelle Vernoux et Léa Germain pouffent en silence derrière leurs mains, une dizaine de bracelets tintent de plaisir à leurs poignets. Si je pouvais m’enfoncer cent kilomètres sous terre, du côté de la lithosphère, ça m’arrangerait un peu. J’ai horreur des exposés, j’ai horreur de prendre la parole devant la classe, une faille sismique s’est ouverte sous mes pieds, mais rien ne bouge, rien ne s’effondre, je préfèrerais m’évanouir là, tout de suite, foudroyée, je tomberais raide de ma petite hauteur, les Converse en éventail, les bras en croix, Monsieur Marin écrirait à la craie sur le tableau noir : ci-gît Lou Bertignac, meilleure élève de la classe, asociale et muette ».

« … je suis fière qu’elle ne me traite pas comme une gamine parce que je sais bien ce que ça signifie et la différence qu’il y a avec d’autres mots pour dire la même chose, et que les mots ont leur importance et les nuances aussi » (p.110).

« Elle s’étonne, le temps passe si vite, déjà Noël, déjà l’hiver, déjà demain et rien ne bouge, voilà le problème, en effet, notre vie est immobile et la terre continue de tourner » (p. 75).

 

Prix

  • Prix des libraires 2008
  • Prix du Rotary International 2009
  • Prix Solidarité 2009

 

Bonus

« No et moi » a été adapté au cinéma par Zabou Breitman. C’est un joli film mais il faut impérativement avoir lu le livre avant au risque de ne pas tout comprendre.

 

Bonne soirée…

 

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Le voisin, Tatiana de Rosnay

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4ème de couverture :

« Un mari souvent absent. Un métier qui ne l’épanouit guère. Un quotidien banal. Colombe Barou est une femme sans histoires. Comment imaginer ce qui l’attend dans le charmant appartement où elle vient d’emménager ? A l’étage supérieur, un inconnu lui a déclaré la guerre. Seule l’épaisseur d’un plancher la sépare désormais de son pire ennemi… Quel prix est-elle prête à payer pour retrouver sommeil et sérénité ?

Grâce à un scénario implacable, Tatiana de Rosnay installe une tension psychologique extrême.

En situant le danger à notre porte, elle réveille nos terreurs intimes ».

 

Ce que j’en pense :

J’ai beaucoup aimé. Un voisin d’une perversité extrême, que l’on ne souhaite à personne. C’est aussi l’histoire d’une femme qui va se révéler à elle-même, paradoxalement grâce au harcèlement  et à la privation de sommeil dont elle est victime. L’histoire est bien construite, l’écriture fluide, on tourne les pages avec avidité  🙂  Jusqu’où cela va-t-il aller ? Comment lutter contre un tel machiavélisme ? L’altération psychologique et physique due au manque de sommeil et au stress conditionné est très réaliste.

L’aspect psychologique est très présent. Tatiana de Rosnay nous fait comprendre que si le respect des autres est essentiel, il ne faut pas pour autant oublier d’exister aussi. Colombe le réalisera.

Je ne saurai que trop vous conseiller de le lire et… de mettre des rideaux à vos fenêtres…  😉

 

Extraits et citations :

« Pourtant, un sentiment étrange la titille. Revient le cheval de labeur. Les œillères. Les champs interminables. Le roman qu’elle n’a pas le courage – ou l’audace – de commencer. Et si, au fond, à force d’être transparente, elle passait à côté de la vraie ? »

« Elle aurait quand même pu laisser un message dans sa boîte, rien de méchant, bien sûr, juste une mise au point, quelques phrases toutes simples. Pauvre tarte, va. Pauvre imbécile. Comme d’habitude, tu vas rester dans ton coin sans rien faire. Tu vas la fermer. Tu vas attendre que ton gentil mari revienne, pour qu’il règle ton problème… Tout en marchant le long de l’avenue Hosseraye, Colombe se méprise, écoute la petite voix sans broncher. Cette lâcheté ! Tu sais très bien d’où ça te vient, hein, Coco ? De ton éducation, de tes parents trop soucieux de t’inculquer le respect d’autrui ».

 

Vous pouvez trouver une biographie sommaire de l’auteur ici.

 

Bonne soirée…

 

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