Les confidences de Mr Harrison, d’Elizabeth Gaskell

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4ème de couverture

« L’arrivée à Duncombe de Mr Harrison, jeune médecin londonien célibataire, met la gente féminine en émoi. Les jeunes filles revêtent leurs plus belles tenues, leurs mères organisent moult thés, bals et rencontres inopinées. Le village commente chaque fait et geste de ce beau parti qui tente de ne pas commettre d’impair, car le vent tourne vite à Duncombe, l’état de grâce ne dure jamais longtemps… ».

 

L’auteur

Elizabeth Gaskell a occupé une place importante sur la scène littéraire victorienne. Elle est également l’auteur de « Cranford ».

 

L’histoire

Le Docteur Harrison, marié et père de famille, reçoit un ami chez lui et, à la demande de ce dernier, entreprend de lui raconter son arrivée à Duncombe et surtout, comment il a pu ravir le cœur de celle qui est devenue son épouse.

Mr Harrison se lance dans le récit circonstancié des évènements. Son accueil par les habitants, les convenances rigides auxquelles il a dû se plier, et surtout l’imbroglio inextricable des rumeurs.

S’il est au départ flatté et rassuré par cet accueil et pour sa carrière, il va vite découvrir que la médaille a un revers. A son insu, il va être l’objet de toutes les convoitises. Alors qu’il s’éprend de la fille du Pasteur, de nombreuses femmes de Duncombe vont s’autoproclamer « sa fiancée », le plongeant dans une situation extrêmement délicate.

 

Ce que j’en pense

J’ai beaucoup apprécié… à la moitié du roman. Au début, l’histoire m’a paru intéressante, et assez facile à lire, mais mon véritable intérêt s’est révélé lorsque les fameuses rumeurs ont commencé. J’ai beaucoup ri. C’est une vraie comédie. Le pauvre Mr Harrison, qui se trouve au centre d’une compétition conjugale !

L’ensemble est bien écrit, c’est fluide. Elizabeth Gaskell a réussi le tour de force de me faire aimer ce genre de littérature.

Je vous le recommande.

 

Citations et extraits

« Je ne sais trop comment, Miss Tomkinson parvenait toujours à me rabaisser dans ma propre estime en m’infligeant une succession de remarques désobligeantes ; et chaque fois que je la quittais, j’avais toujours besoin de me consoler de m’être entendu si franchement contredire en me répétant in petto : « Ce n’est pas parce qu’elle le dit que c’est vrai. » Ou alors j’imaginais toutes les réponses cinglantes que j’aurais pu faire à ses déclarations bourrues si seulement j’y avais pensé sur le moment. Qu’il était donc agaçant de ne pas avoir eu la présence d’esprit de me les rappeler quand j’en avais besoin » (p.86).

« Entre-temps, Miss Bullock et moi avions noué une sorte d’amitié. Ayant pu constater que notre antipathie était mutuelle, nous fûmes fort satisfaits de la découverte. Chez les gens qui en valent la peine, ce manque d’intérêt réciproque est une excellent prélude à l’amitié future, car les bonnes qualités de chacun se révèlent alors de manière naturelle et progressive, offrant d’agréables surprises » (p.88).

« Voilà le charme des petits bourgs ; tout le monde y compatit aux mêmes évènements » (p.92).

« C’était une brave et bonne personne que Mrs Rose et je ne pus m’empêcher de lui confier une partie de la vérité. Elle écouta gentiment et je lui serrai chaleureusement la main, en me disant qu’elle n’était peut-être pas d’une grande intelligence, mais que son bon cœur la mettait loin au-dessus des demoiselles à l’esprit vif, acerbe, dur, telles que Miss Horsham » (p.95-96).

 

La Presse en parle 

« Gaskell montre la légèreté et la finesse de son ironie et surtout ses remarquables dons de conteuse ». La Quinzaine Littéraire

 

Bonne soirée…

 

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Cranford, d’Elizabeth Gaskell

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4ème de couverture

« Mesdames, avez-vous vu ? Un gentleman s’est installé avec ses deux filles à Cranford, un certain capitaine Brown. Il aurait clamé haut et fort l’état médiocre de ses finances ! On lui doit cet abominable chemin de fer qui vient de la bourgade voisine. Accompagnez-moi à l’heure du thé : allons lui rendre une visite de courtoisie pour lui montrer comment les choses se passent chez nous, à Cranford ».

 

L’histoire

« Cranford » est la chronique savoureuse d’une petite ville du nord de l’Angleterre, sous la forme d’une série de tableaux et vignettes mettant en scène les personnages pittoresques de la petite ville inspirée de Knutsford où Elizabeth Gaskell avait résidé.

 

L’auteur

Elizabeth Gaskell (1810 – 1865) est une romancière britannique qui a occupé une place importante sur la scène littéraire victorienne. Fille et femme de pasteur, elle évoque la vie provinciale qu’elle connaît bien. Elle est également l’auteur de « Nord et Sud » et « Les confessions de Mr Harrison ».

 

Ce que j’en pense

Dans le petit village de Cranford, les dames de la bonne société mènent la danse, que les choses soient claires. Les convenances sont très importantes et forment, avec l’amitié, le socle de cette société féminine.

La narratrice n’habite pas Cranford. Elle y séjourne régulièrement chez des amies, et se tient au courant de tout ce qui s’y passe. Chaque chapitre raconte une de ces histoires, et nous plongeons avec délice dans les petites ou grandes affaires de cette sémillante société. On y est à cheval sur les principes et les convenances. Les ragots s’y colportent plus vite que la lumière et il est difficile de ne pas savoir ce qui se passe chez le voisin, encore moins de garder quelque chose secret.

Mais ce n’est pas un monde de cancans. Les liens qui unissent les protagonistes sont forts, on y trouve une grande entraide. Les difficultés des uns et des autres sont traitées avec beaucoup de compassion.

J’ajouterai que ce livre est doté d’un certain optimiste (on dirait aujourd’hui que ces dames pratiquent la pensée positive), et de prémisses de féminisme (les hommes ne sont pas les plus indispensables pour ces dames  😉  ).

L’atmosphère est feutrée, on s’y sent comme dans un petit salon, une tasse de thé et des gâteaux à la main.

« Cranford » est un petit bijou de littérature anglaise ! Je vous le recommande.

 

Extraits et citation

« Disons, pour commencer, que Cranford est aux mains des Amazones ; au-dessus d’un certain loyer, ses demeures ne sont occupées que par des femmes. Si jamais un couple marié vient s’installer en ville, d’une manière ou d’une autre, le monsieur disparaît ; tantôt il finit par mourir tout simplement de peur, à l’idée d’être le seul homme à fréquenter les soirées de l’endroit ; tantôt il a une bonne raison d’être absent, puisqu’il se trouve qui avec son régiment, qui sur son navire, qui tout à fait accaparé par ses affaires d’un bout à l’autre de la semaine, dans ce haut lieu du commerce qu’est Drumble, la métropole voisine, distante de vingt miles seulement par le chemin de fer. Bref, les messieurs, quel que soit leur sort, sont absents de Cranford. D’ailleurs, que feraient-ils, s’ils vivaient là ? » (p.7).

« Comme me l’a fait remarquer l’une d’entre elles : « Il faut bien dire qu’un homme vous encombre fâcheusement une maison ! » Tout en connaissant par cœur chacune des petites manies de leurs amies, les dames de Cranford se soucient comme d’une guigne de leurs opinions. D’ailleurs, comme elles possèdent toutes une individualité, pour ne pas dire une excentricité, marquée, il n’est rien d’aussi aisé que d’exercer des représailles verbales ; mais, sans qu’on sache trop comment, la bonne amitié règne parmi elles au plus degré » (p.8).

« Leur habillement n’est pas assujetti à la mode ; comme elles le disent elles-mêmes : « Qui se soucie de ce que nous portons, ici, à Cranford, où tout le monde nous connaît ? » Et si d’aventure, elles partent en voyage, leur raisonnement est tout aussi solide : «  Qui se soucie de ce que nous portons, ici, où personne ne nous connaît ? » (p.8).

« Par un accord tacite, nous étions convenues de ne jamais savoir ce que le manque d’argent pouvait interdire à certaines des dames que nous fréquentions de faire tout ce dont elles avaient envie. Quand nous étions conviées à une soirée, si nous y allions et en revenions à pied, c’était parce que le temps était vraiment superbe, ou la fraîcheur de l’air tout à fait revigorante, et non pas parce que les chaises à porteurs coûtaient cher. Si nous arborions, l’été, des cotonnades imprimées plutôt que de la soie, c’était parce que nous préférions pouvoir faire laver nos robes ; et ainsi de suite, refusant de voir la vulgaire réalité qui était que nos moyens à toutes étaient des plus modestes. Cela étant, nous ne pouvions,  bien sûr, comprendre un homme capable de parler de sa pauvreté sans paraître en avoir honte » (p.13).

« Par le passé, nous nous étions souvent réjouies de n’avoir parmi nous, lors de nos parties de cartes, aucun monsieur dont il fallut s’occuper et à qui il convînt de faire la conversation. Nous nous étions félicitées du caractère douillet de nos réunions ; et, entre notre amour des belles manières et notre peu de goût pour l’espèce humaine, nous avions presque fini par nous persuader qu’un homme était nécessairement « vulgaires » (p.18).

 

La Presse en parle

« Cranford est une œuvre extrêmement brillante ». The Guardian

 

Bonne soirée…

 

Ce livre participe aux à la lecture commune du mois anglais avec Rachel.

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