Le problème Spinoza, Irvin Yalom

Le problème Spinoza, Irvin Yalom; Chroniques littéraires, Spinoza

 

4ème de couverture

« Amsterdam, février 1941. Le Reichsleiter Rosenberg, chargé de la confiscation des biens culturels des juifs dans les territoires occupés, fait main basse sur la bibliothèque de Baruch Spinoza.

Qui était donc de philosophe, excommunié en 1656 par la communauté juive d’Amsterdam et banni de sa propre famille, pour, trois siècles après sa mort, exercer une telle fascination sur l’idéologue du parti nazi ?

Irvin Yalom, l’auteur de Et Nietzsche a pleuré, explore la vie intérieure de Spinoza, inventeur d’une éthique de la joie, qui influença des générations de penseurs. Il cherche aussi à comprendre Alfred Rosenberg, qui joua un rôle décisif dans l’extermination des juifs d’Europe ».

 

L’auteur

Professeur émérite de psychiatrie à Stanford, Irvin Yalom est l’auteur, entre fiction, philosophie et psychothérapie, de nombreux essais, romans ou récits, best-sellers dans le monde entier, dont la Méthode Schopenhauer, Le Bourreau de l’amour, Le Jardin d’Epicure, En plein cœur de la nuit, Le Problème Spinoza (lauréat du Prix des lecteurs du Livre de Poche en 2014), ou encore Créatures d’un jour.

 

Ce que j’en pense

Ce livre est assurément l’un de mes coups de cœur de cette année.

L’auteur nous entraîne dans la découverte de deux figures de l’Histoire : Spinoza, un pilier de la philosophie, et Rosenberg, connu pour son œuvre dans la triste Histoire de l’extermination des juifs.

 

Que peut relier ces deux hommes dont l’auteur a voulu dresser le portrait en parallèle ?

 

La philosophie, la pensée, la force des convictions et l’ancrage dans leur décision de faire valoir leur idée sans se faire influencer par celles des autres. Le seul point commun que l’on peut trouver à ces deux hommes est d’avoir décidé de ne pas cacher leurs convictions. Ils étaient « habités ».

Une sorte de possession qui les abstrait de toute possibilité de s’en faire détourner. Pour le meilleur et pour le pire.

Spinoza fascine Rosenberg non pas parce qu’il est d’accord avec lui mais parce que précisément il ne le comprend pas. Au sens littéral du terme.

On ressent le mur de l’incompréhension lorsque nous ne partageons pas les idées de l’autre et que nous sommes convaincus d’avoir raison, une sorte de pensée unique et victorieuse.

Ce livre nous montre la force des convictions avec la liberté qu’elle donne mais aussi avec les conséquences que cela peut emporter.

Et finalement, ce que l’on peut aussi retenir, c’est que le mécanisme de pensée, qu’il nous pousse au bien ou qu’il nous pousse au mal, est le même dès lors que nous sommes déterminés.

Cela montre aussi la dualité de la force de conviction. Et l’absence totale d’ouverture à l’autre.

 

Ce livre est en fait tellement foisonnant qu’il est impossible d’en retracer l’exact impact.

Chacun le ressentira à sa façon puisque les convictions sont totalement subjectives.

Nous serons aussi touchés, ou pas, par les notions philosophiques développées, comme la croyance en l’existence d’un Dieu, la valeur de la vertu, le sentiment d’isolement.

Nous aurons aussi envie de découvrir tous ces philosophes, toutes ces œuvres.

 

Mais ce qui marque aussi dans ce livre, c’est la plume fluide de l’auteur, qui arrive, en dépit de l’abondance d’informations, à rendre la lecture facile et addictive.

Un livre que je vous recommande.

 

Coup de coeur !

 

 

Le problème Spinoza, Irvin Yalom, Chroniques littéraires

Le problème Spinoza d’Irvin Yalom

(Le Livre de Poche – 544 pages – décembre 2014)

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sylvette Gleize

Titre original : The Spinoza Problem (2012)

Première édition française : 2012 (Gaalade Editions)

(Prix des Lecteurs – Le Livre de Poche)

 

Ce livre a été lu en LC avec Denis, mon comparse de lecture. Merci à toi pour tous ces moments de partage.

 

Avec un peu d’avance, ce livre participe au Challenge Le mois américain 2018

Le mois américain, Chroniques littéraires

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Certaines n’avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka

Certaines n’avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka

 

4ème de couverture

« Ces Japonaises ont tout abandonné au début du XXème siècle pour épouser aux Etats-Unis, sur la foi d’un portrait, un inconnu. Celui dont elles ont tant rêvé, qui va tant les décevoir. Chœur vibrant, leurs voix s’élèvent pour raconter l’exil : la nuit de noces, les journées aux champs, la langue revêche, l’humiliation, les joies aussi. Puis le silence de la guerre. Et l’oubli ».

 

L’auteur

Julie Otsuka est née en 1962 en Californie. Diplômée en art à l’université de Yale, elle abandonne finalement la peinture pour se consacrer entièrement à l’écriture. Son premier roman, Quand l’empereur était un dieu, est largement inspiré de la vie de ses grands-parents et a été primé de très nombreuses fois. Son deuxième roman, Certaines n’avaient jamais vu la mer, a été considéré aux Etats-Unis comme un véritable chef-d’œuvre. Il fut par ailleurs récompensé, entre autres, par le prix Femina étranger dès sa parution en France.

 

Ce que j’en pense

J’ai lu ce roman en lecture commune avec Denis. La première chose qui nous interpellé, c’est le titre. Ou plutôt « les » titres. En effet, le titre de ce roman en anglais est The Buddha in the Attic. Rien à avoir avec Certaines n’avaient jamais vu la mer. Pourquoi une telle dissemblance ? Erreur de traduction ? Pas du tout. En fait, on comprend mieux la raison de ce choix en lisant le livre. La référence à Bouddha est aisée, c’est la religion de ces femmes, leur référence à Bouddha est récurrente. C’est leur point de ralliement, la boussole dans leurs vies désolées. Cette référence à la religion cadre mieux avec la mentalité américaine, qui fait référence à Dieu (y compris les hommes politiques). Les américains sont plus réceptifs au sacré. En revanche, le titre français, lui, fait plus référence aux femmes dans le sens où elles étaient pour la plupart très novices, très innocentes, de vraies victimes potentielles en quelque sorte. Si on comprend mieux le rattachement à cette notion par rapport à notre société portée sur la liberté, la connaissance et l’émancipation de la femme, on ne peut que bondir : c’est terriblement réducteur que de penser que les femmes sont des proies faciles pour des hommes sans scrupules. Et pourtant… c’est tout à fait ça. Et dans notre société, et dans ce court roman.

La lecture de ce livre est à la fois simple et complexe. C’est la mise en lumière d’une partie sombre de l’histoire américaine, lorsque les japonais servaient de main-d’œuvre à bas-prix (gratuite en fait). On se servait d’eux, d’elles. Ce livre est le récit de cette réification de la femme (femme réduite à un objet).

En effet, dès le début, nous comprenons que des centaines (des milliers ?) de femmes partiront pour les Etats-Unis afin de se marier. Elles sont convaincues que le sacrifice de leur départ, parfois même en laissant un enfant derrière elle, vaut le coup parce qu’elles vont épouser de riches hommes d’affaires, des hommes « biens ». Or, il n’en est rien. Elles ont été vendues à des agriculteurs, à des hommes violents, à des hommes biens mais pauvres… On leur a menti. Leur vie sera pour la plupart un calvaire. Pour d’autres cela se passera mieux.

Pourquoi ce livre est complexe puisque c’est la simple histoire immémoriale de l’humanité, le plus fort contre le plus faible ? Parce que l’auteur a pris le parti d’unir les voix de ces femmes en une seule et unique : « Nous ». Tout au long du roman, l’auteur s’exprime à la première personne du pluriel pour désigner ces victimes. Elles sont anonymes même si des prénoms surgiront, ça et là. A la manière des tragédies grecques, du chœur dans les drames de Sophocle, Julie Otsuka nous livre un texte incantatoire (mot très justement mentionné sur la 4ème de couverture). Ce chant vibrant comme ceux des esclaves à une époque pas si éloignée, cette rengaine entêtante qui envahit et… qui finit par lasser.

C’est bien sympa un moment, mais l’absence de personnage à qui se raccrocher finit par devenir soporifique. Un chapitre toutefois donne une claque. Et pas petite la claque. Rien que pour ce chapitre, ce livre devrait être lu. Encore plus en ce moment avec la situation politique mondiale et nationale.

Ce chapitre est celui intitulé « Traîtres ». C’est l’aspect politique du livre. Et ce qui m’a choquée, interpellée (vous comprenez l’idée générale), c’est cette répétition extraordinairement horrible de l’histoire :

 

« Et nous nous sommes demandé pourquoi nous avions si longtemps tenu à conserver ce mode de vie étranger. Nous leur avons inspiré la haine » (page 96).

 

« Dans les journaux et à la radio, on commençait à parler de déportation de masse » (page 102).

 

Ca vous rappelle pas quelque chose par hasard ?

L’auteur a-t-elle volontairement écrit ces mots pour la seule période américano-japonaise ou pour l’histoire mondiale ? Je ne sais pas. Elle seule peut le dire. Néanmoins, cela fait froid dans le dos.

Ce livre n’est pas parfait. Il peut être agaçant, laisser sur sa faim. Mais il aura au moins le mérite de mettre l’accent sur ce dont l’Homme est capable dans toute son horreur.

 

 

Ce livre a été lu en lecture commune avec Denis, mon comparse de LC. J’en profite pour le remercier, c’est un réel plaisir que d’échanger avec lui sur nos lectures.

Pour lire son avis, c’est par ici !  😀

 

Ce livre participe aux Challenges

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Bill et Hillary Clinton, le mariage de l’amour et du pouvoir, Thomas Snégaroff

Bill et Hillary Clinton Le mariage de l'amour et du pouvoir, Thomas Snégaroff, Tallandier

 

4ème de couverture

« Novembre 1970. Bill et Hillary font connaissance à la bibliothèque de l’université de Yale.

Janvier 1981. Après six ans de mariage et un échec électoral de Bill, Hillary accepte enfin de prendre le nom de son mari.

Novembre 1992. Bill devient le 42ème président des Etats-Unis. Hillary s’installe dans l’aile ouest de la Maison Blanche, d’où elle conduit le projet de réforme de la santé.

Août 1998. A la télévision, Bill avoue avoir menti à l’Amérique et à Hillary à propos de Monica Lewinsky. Hillary reste à ses côtés.

Janvier 2001. Bill quitte la Maison Blanche après deux mandats. Quelques jours plus tôt, Hillary est élue sénatrice.

Janvier 2007. Hillary annonce sa candidature à la présidence des Etats-Unis. Soutenue par Bill, elle échoue à obtenir l’investiture démocrate.

Juin 2014. Hillary publie ses mémoires de secrétaire d’Etat. Première étape de sa candidature à la présidence et nouveau chapitre du couple Clinton ?

Unis par et pour le pouvoir, Bill et Hillary Clinton fascinent l’Amérique et le monde entier depuis plus de deux décennies jalonnées de succès, de revers et de scandales.

Malgré une vie passée sous la lumière des médias, les Clinton demeurent un mystère. Epoux, associés, partenaires ? Le destin de l’un est indissociable de celui de l’autre. Tant de travail, d’épreuves et d’humiliations, tant de gloires et de déboires ont laissé leurs traces. Mêlant la politique et l’histoire intime, l’historien Thomas Snégaroff réussit le tour de force de brosser le portrait croisé d’un couple mythique et fascinant ».

 

L’histoire

Bill et Hillary Clinton forment un couple qui attise la curiosité. Couple de façade ? Vraie histoire d’amour ? Nombreuses sont les interrogations qui entourent ce couple devenu mythique, aux carrières ayant marqué (encore aujourd’hui) la vie politique américaine. Dans cet ouvrage, Thomas Snégaroff nous brosse un portrait en parallèle de ces deux personnages.

 

L’auteur

Thomas Snégaroff est enseignant à Sciences Po (Paris). Spécialiste de la présidence américaine, il présente également chaque matin « Histoires d’info » sur France Info.

Il est l’auteur notamment de Kennedy. Une vie en clair-osbcur.

 

Ce que j’en pense

J’ai beaucoup apprécié ce livre. La biographie d’une personne peut se révéler parfois rébarbative, notamment lorsqu’il s’agit de politiques. Retracer la vie de deux personnes aux carrières aussi fournies, complexes, qui plus est mariées ensemble, était un pari que l’auteur a brillamment réussi.

Ces portraits croisés sont riches, documentés, foisonnants. L’auteur nous entraîne et nous fait plonger dans l’Histoire. Histoire de l’Amérique et l’histoire personnelle se confondent. On se rend compte à quel point les Clinton font partie de l’Histoire politique de l’Amérique.

Les chapitres sont composés de façon à ce que la vie de Bill et celle d’Hillary soient racontées en simultané au fil des évènements politiques ou personnels. On passe aisément de l’un à l’autre, l’ensemble n’est pas lourd, bien au contraire, cela se lit comme un roman (oserais-je dire une romance ?).

 

Extraits et citations

« Au milieu des années 1990, Bill et Hillary Clinton sont en voiture non loin de l’endroit où a grandi Hillary. A court d’essence, le couple présidentiel s’arrête dans une station-service. Le pompiste s’approche et remarque Hillary dans la voiture :

« Hey Hillary ! Nous sortions ensemble au lycée, tu te souviens de moi ? »

La discussion s’engage. Une fois le plein d’essence effectué, Bill paye et la voiture s’éloigne. Fier de lui, Bill se tourne vers Hillary et lui lance :

« Tu étais avec ce garçon ? Imagine ce que ta vie aurait été si tu ne m’avais pas épousé… » Hillary regarde alors Bill et répond :

« Eh bien, je pense qu’aujourd’hui tu serais pompiste et il serait président des Etats-Unis. » » (page 9).

 

 

Ce livre a été lu dans le cadre de Masse critique de Babelio.

Je remercie les Editions Tallandier pour l’envoi de ce livre.

 

Ce livre participe aux Challenges

Challenge ABC Critiques 2014 - 2015 Babelio

Challenge USA

Reading Challenge 2015

Challenge Histoire

Challenge Petit Bac 2015

Catégorie Prénom

Challenge Mélange des genres

Catégorie biographie

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