Coup de foudre à Austenland, Shannon Hale

Coup de foudre à Austenland Shannon Hale, Pocket, Littérature Américaine, Angleterre, Jane Austen, Austenland, Romance, Humour

 

4ème de couverture

« Jane Hayes, 33 ans, est une jeune femme parfaitement normale et équilibrée… Ou du moins le serait-elle, sans l’adaptation par la BBC d’Orgueil et Préjugés qui a viré chez elle à l’obsession et réduit sa vie sentimentale à néant. En effet, quel homme au monde pourrait soutenir la comparaison avec Mr Darcy, joué par Colin Firth ?

Et quand une parente lui laisse en héritage un séjour de trois semaines à Pembrook Park, un manoir anglais où des clientes fortunées vivent dans la peau des héroïnes de Jane Austen, les fantasmes de Jane deviennent un peu trop réels pour son bien… ».

 

L’histoire

Jane est une jeune trentenaire, hélas célibataire. Sa vie sentimentale est une succession de lamentables fiascos. Aucun des hommes qu’elle n’a connu n’est arrivé à la cheville de Mr Darcy. Mr Darcy ? Le héros de Jane Austen dans Orgueil et Préjugés, interprété dans la série par Colin Firth, fantasme de ces dames.

Car Jane nourrit une véritable passion (obsession même !) pour cet homme. Ce qui ne manque pas d’interpeller sa vieille tante Carolyn. Celle-ci lui laissera en héritage un séjour assez particulier : trois semaines à Pembrook Park où elle devra vivre à la façon des héroïnes de Jane Austen. Ce séjour sera-t-il l’occasion pour elle de se défaire de son obsession ou bien la renforcera-t-elle ? Vivra-t-elle son Orgueil et Préjugés personnel ?

 

L’auteur

Shannon Hale est l’auteur de cinq romans jeunesse dont Le collège des princesses, et de trois romans pour adultes. Coup de foudre à Austenland, son premier roman traduit en français, a été adapté au cinéma par Stephenie Meyer, l’auteur de Twilight, avec Keri Russel dans le rôle principal.

 

Ce que j’en pense

Une parenthèse tout d’abord sur la couverture de ce roman, qui est très réussie. Fraîche et colorée, les silhouettes en médaillon rappellent l’atmosphère du XIXème siècle.

Sur le roman lui-même, je dois dire que j’ai un avis mitigé. Certes j’ai beaucoup apprécié l’histoire, mais un certain nombre de répétitions dans les scènes m’ont un peu lassée. Il est vrai que cette certaine lenteur est propre à l’époque de Jane Austen, mais pour moi, habituée aux thrillers version Maxime Chattam, vous conviendrez que le grand écart était un peu rude.

Ce livre est avant tout un livre romantique, sur les désillusions amoureuses d’une jeune trentenaire célibataire, désespérée de ne pas rencontrer l’âme sœur. Ce ne sont pas les contes de fées de son enfance qui ont imprégné l’héroïne, mais un personnage tout droit sorti de l’imagination d’une autre jeune femme qui terminera sa vie seule, Jane Austen. Pur fantasme vivant (façon de parler) Colin Firth interprétant le héros Mr Darcy dans la série de BBC Orgueil et Préjugés. Autant vous l’avouer tout de suite, j’ai moi-même adoré cette série, bavé devant Colin Firth qui est en tête de la liste des hommes qui me font fantasmer (je sens qu’y en a un qui va encore râler  😀 ). Difficile pour les hommes de chair et de sang de supporter la comparaison avec un tel héros, charmant, viril, ténébreux, au caractère bien affirmé… euh, je m’égare  😀  Je disais donc, difficile aujourd’hui de trouver son homme parfait, gentleman et amoureux, au milieu de cette horde de malpolis obsédés qui assimilent le « pour la vie » à « pour une nuit ».

Le personnage de Jane est assez édifiant au regard de notre société actuelle. Les femmes (la majorité du moins) cherchent l’homme idéal, rêve à l’âme sœur et à l’amour éternel, alors que les hommes ont tout leur temps, juste à tendre le bras pour trouver une fille moins regardante, quand ils ne sont pas adeptes de la double (triple ?) vie.

Le thème est traité avec assez de justesse par l’auteur. J’ai particulièrement aimé les portraits des petits–amis successifs, intercalés entre les aventures de Jane à Pembrook Park.

Pembrook Park… havre de paix pour les cœurs romantiques avides d’histoires austeniennes. Contre toute attente, Jane va avoir du mal à se couler dans le moule de ce monde suranné. Certes, elle va pouvoir évoluer pendant plusieurs semaines dans l’atmosphère de la série si chère à son cœur, mais elle se rendra vite compte que ce n’est qu’un monde de mensonge, apparence et manque total de sincérité.

J’ai trouvé là encore le thème traité habilement. L’auteur ne nous livre pas, naturellement, un ouvrage philosophique sur les dangers des faux-semblants, mais elle nous amène inévitablement à nous poser des questions : peut-on notamment se trouver soi-même alors que nous jouons un rôle et que nous faisons semblant d’être une autre personne ? Incarner un personnage fictif au milieu d’autres personnages fictifs peut-il nous révéler à nous-même ? Y a-t-il danger de se perdre ?

Mon avis sur ce livre ? Voici un petit ouvrage qui sous des apparences naïves va vous amener à vous poser des questions existentielles.

 

Extraits et citations

« Quelques années auparavant, elle avait tenté de commencer une psychothérapie et, même si elle avait ensuite décidé que ce n’était pas fait pour elle, elle en était arrivée à une conclusion : dès son plus jeune âge, elle avait appris à aimer grâce à Jane Austen. Malgré son immaturité, elle avait compris que, dans le monde d’Austen, un simple flirt n’existait pas. Chaque histoire d’amour devait mener au mariage, chaque flirt n’était qu’un moyen pour trouver un partenaire avec qui passer le reste de sa vie. Donc, pour Jane, chaque fois qu’une petite histoire se termine et qu’il restait un petit espoir – même infime -, c’était aussi douloureux qu’un divorce. Un peu extrême, non ? Sans doute, mais que pouvait-elle faire ? » (p.29).

 

« Quelle agréable sensation de parler à une « vraie » personne, à quelqu’un qui ne jouait pas la comédie ! Elle avait l’impression d’avoir bu un grand verre d’eau fraîche après trop de soda sucré » (p.71).

 

 

Coup de foudre à Austenland Shannon Hale, Pocket

 

 

 

Ce livre participe aux Challenges

Nordique (Angleterre)Challenge Nordique 2015

Challenge USA

Reading Challenge 2015

Plan Orsec pour PAL en danger 2015

Challenge 1 mois = 1 consigne

Le mélange des genres catégorie RomanceChallenge Mélange des genres

Challenge ABC Critiques 2014 - 2015 Babelio

Le petit Bac catégorie LieuChallenge Petit Bac 2015

Lady Susan, de Jane Austen

Lady Susan, Jane Austen, Challenge XIXe siècle, Challenge ABC Critiques Babelio

4ème de couverture

« Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s’amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question… ».

Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d’une aventurière, dans la lignée des personnages d’ « Orgueil et Préjugé » et de « Raison et Sentiments ».

 

L’auteur

Jane Austen naît le 16 décembre 1775. Elevée dans la petite bourgeoisie, elle n’est guère sortie de sa famille et, hormis sa brève passion pour Tom Lefroy, on sait peu de chose de sa vie personnelle. Jane Austen a pourtant su peindre avec justesse, sensibilité et esprit les mouvements du cœur. Avec pour seuls sujets l’éveil à l’amour et la jeune fille à marier, elle a écrit quelques-uns des romans les plus importants de la littérature anglaise. Ses romans sont régulièrement adaptés au cinéma.

 

Ce que j’en pense

Le portrait brossé de Lady Susan est fort peu élogieux. C’est une femme intéressée, opportuniste, sans scrupules, vaniteuse. Dotée d’un fort pouvoir de séduction et de persuasion, elle manipule son monde (essentiellement les hommes en fait) pour arriver à ses fins, n’hésitant pas à défier toute logique et à servir des discours contraires lorsque cela est nécessaire. Lady Susan a une fille, Frederica, qu’elle maltraite à l’envie. Elle est totalement dépourvue d’affection ou d’élan maternel envers son enfant.

Ecrit sous forme de lettres échangées entre les différents personnages, ce roman est agréable à lire, et l’intrigue, il faut l’avouer, nous pousse à tourner les pages pour savoir ce qu’il va advenir de cette pauvre Frederica, ou si les manigances de Lady Susan vont être révélées.

Jane Austen a ce talent de cerner avec précision les pensées et les sentiments humains, de quelque nature qu’ils soient. On retrouve ici également la notion d’orgueil. C’est un court roman (seulement 117 pages) que je vous recommande pour vos soirées d’automne, une tasse de thé et des petits gâteaux à la main  😉

 

Extraits et citations

« Moi, je n’ai pu en conscience contraindre Frederica à un mariage auquel son cœur refusait de se soumettre et, au lieu d’avoir recours à des mesures aussi rigoureuses, je me propose seulement de l’incliner à ce choix en rendant sa vie parfaitement insupportable aussi longtemps qu’elle n’aura pas accepté de parti » (p.25).

« […] il était clair qu’il la considérait comme n’ayant droit ni à des ménagements ni à du respect et qu’il avait le sentiment qu’elle serait ravie de faire l’objet des attentions de quiconque serait disposé à faire le joli cœur auprès d’elle » (p.28).

« J’ai beaucoup de choses à accomplir. Il me faut punir Frederica, et assez sévèrement, pour s’être adressée à Reginald. Il me faut le punir lui aussi pour avoir accueilli la requête de ma fille aussi favorablement, ainsi que pour le reste de sa conduite. Je dois tourmenter ma belle-sœur pour le triomphe insolent que font paraître son air et son attitude depuis le renvoi de Sir James – car, en me réconciliant avec Reginald, je n’ai pu sauver cet infortuné jeune homme. Enfin, je me dois un dédommagement pour les humiliations auxquelles je me suis abaissée ces jours derniers » (p.86).

 

Bonne après-midi à toutes et tous !

 

Ce livre participe aux Challenges suivants :

Challenge XIXe siècle de Kheira et Fanny, Netherfieldpark

Challenge XIXe siècle

Challenge ABC Critiques 2013-2014 de Babelio

Challenge ABC Critiques 2013-2014 Babelio, Challenge ABC Critiques 2013-2014