Ames jumelles, Samantha Bailly

Âmes jumelles Samantha Bailly, Rageot, Littérature jeunesse

4ème de couverture

« L’une est blonde, l’autre brune. L’une solaire et populaire, l’autre timide et solitaire. Sonia dite Yuna écrit pour une association, Trames, qui publie un fanzine. Elle y rencontre Lou-Tiamat, qui s’affirme dans l’art du dessin suite au divorce brutal de ses parents. Leur amitié virtuelle se double d’échanges sur leurs créations et leur vie affective. Jusqu’au jour où les deux jeunes filles se rencontrent un week-end autour d’un projet… ».

 

L’auteur

Samantha Bailly est née en 1988. En parallèle d’un Master de littérature comparée, elle travaille dans le domaine du jeu vidéo. À vingt ans à peine, elle publie son premier roman, Oraisons, qui est récompensé par le Prix Imaginales des Lycéens 2011. Samantha vit à Paris et se consacre désormais à l’écriture. Elle signe avec À pile ou face son premier thriller.

 

Ce que j’en pense

Il en a fallu du temps pour que ce livre arrive dans ma PAL ! D’abord, quand il a commencé à faire parler de lui sur la toile, je n’étais pas plus tentée que ça. Le résumé me laissait présager une histoire trop adolescente et un peu « fofolle ».

Ensuite, c’est bien connu, à force de le trouver partout, il a fini par me trotter dans la tête.

Enfin, quand j’ai voulu l’acheter, il n’était plus disponible. Seule l’intégrale l’était et je préférais les volumes indépendants. Leur couverture me « parlait » plus.

Et puis je l’ai reçu à Noël, en intégrale.

Le livre enfin dans ma PAL, je n’avais qu’une envie, que je ne m’expliquais pas, c’était de le lire. Ce que j’ai fait.

En deux soirées.

Je l’ai littéralement dévoré.

Il est une coutume de dire que certains livres changent une vie, ou qu’ils étaient écrits pour nous.

Je ne sais pas si ce roman va changer ma vie (qui sait…), mais en tout cas, s’il n’a pas été écrit pour moi, ça y ressemble beaucoup. Je pense que c’était pour moi le moment de le lire.

Quoi ? Un roman jeunesse ? Eh ben oui.

Ce livre aborde énormément de thématiques, de sujets, d’interrogations qui font partie de ma vie. Il y a même un personnage secondaire qui porte mon prénom ! (et pourtant, ce n’est pas le plus courant qui soit).

Samantha Bailly a su, sans le vouloir, toucher des points sensibles chez moi.

Ce roman fait du bien.

 

« N’oubliez jamais que vous pouvez briller ».

 

Il est bien écrit, un style fluide, les chapitres répartis entre les deux personnages principaux, aussi sympathiques l’une que l’autre. Leurs doutes, leurs émotions, leur volonté farouche de réaliser leur rêve…

Je n’ai pas pu le lâcher.

Bon je vous laisse, Âmes rebelles m’attend  😀

 

Coup de coeur !

 

Ce livre participe aux Challenges

Reading Challenge Goodreads

Défi lecture 2017

dames-de-lettres

Code 93, Olivier Norek

Code 93, Olivier Norek

 

4ème de couverture

« Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d’autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d’un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire.

Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d’un mystérieux dossier, le « Code 93 » ?

Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison… ».

 

L’auteur

Olivier Norek est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche du SDPJ 93 (Seine-Saint-Denis) depuis quinze ans. Code 93, son premier roman, a été largement salué par la critique et a reçu en 2015 le prix du public de Saint-Maur en Poche. Territoires (2014) et Surtensions (2016) sont aussi consacrés aux (més)aventures du capitaine Victor Coste et de son équipe. Surtensions a reçu le Prix du polar européen 2016 du Point. Ses ouvrages sont publiés chez Michel Lafon et repris chez Pocket.

Olivier Norek a également participé à créer l’histoire de la sixième saison de la série Engrenages sur Canal +, et est le scénariste du téléfilm Flic tout simplement diffusé sur France  à la fin de l’année 2015.

 

Ce que j’en pense

J’ai entendu beaucoup de compliments sur Code 93. Néanmoins, le fait que ce soit un polar qui se passe en France dans le 93 me rebutait un peu (beaucoup). En effet, je suis plutôt thrillers américains ou anglais. J’ai entendu surtout des éloges par Fann (les lectures de Fann) et elle précisait que c’était la banlieue et que c’était quand même dur. J’imaginais donc du gore, du dégueulasse, du… comment dire… bon on va essayer de le faire soft… du sexuel (dans le genre crime violent). Autant dire pas un livre pour se détendre.

Mais il m’attirait quand même, je ne sais pas pourquoi. Du coup, je l’ai acheté et je l’ai dévoré pendant le week-end à 1000.

Dévoré. Oui. Parfaitement. Je l’ai commencé entre minuit et une heure du matin si je me souviens bien, et je me suis obligée à le lâcher à 5h30. Il me restait une centaine de pages (j’avais fait quelques pauses, vous connaissez le week-end à 1000, j’avais déjà lu un autre livre avant). Si je m’étais écoutée je l’aurais terminé d’une traite, mais il fallait être raisonnable.

Je ne m’attendais pas à une telle histoire. Ce livre est un page turner incontestablement. L’écriture est fluide et les personnages (du moins les « gentils ») sont attachants. Tout n’est pas parfait cependant.

Je vais commencer par la critique qui ne vise pas l’auteur puisqu’il s’agit de la 4ème de couverture. Quand c’est notre premier Norek, je pense qu’on peut la lire. Mais après l’avoir lu, on se rend compte que c’est le plan détaillé du livre. Très mauvais boulot de la maison d’édition pour le coup.

Il faut allécher le lecteur, mais pas lui donner TOUTES les grandes lignes. Sinon autant écrire le nom du meurtrier ou de la meurtrière.

Autre petit défaut, concernant l’histoire, c’est peut-être une transition un peu difficile entre la première et la deuxième partie. Il manque un lien qu’on trouve entre les autres parties. Là on passe du coq à l’âne un peu trop abruptement et le temps que l’histoire se mette en place, on se pose des questions (« j’ai changé de livre ? »).

Enfin, et là, Norek, tu viens de vexer une marseillaise : c’est quoi ça, comparer le 93 à Marseille ! Certes il y a des règlements de compte, mais de là à laisser entendre que Marseille tout entière est comme le 93 c’est exagéré. Je te le dis, dans ma tête (et même à haute voix chez moi), je t’ai traité de parigot (et d’autres noms d’oiseaux). Je me doute bien qu’on ne nous dit pas tout, mais c’est comme dire que tout Paris est le 93.

Maintenant, les compliments.

C’est très très rare que je lise un livre d’une traite, surtout un thriller. Surtout (oui je me répète) un auteur que je ne connais pas, dont c’est mon premier livre. Comme je vous disais plus haut, je m’attendais à du dégueulasse. Ne nous mentons pas, les morts (ou pas ! ) ne sont pas attaqués de manière douce et délicate. Mais Norek ne fait pas dans la surenchère. Ce qui l’intéresse, si j’ai bien compris son truc, en tant que flic, c’est l’enquête, démêler les fils qui le conduiront au coupable. Et il ne porte pas de jugement. En même temps, il est blasé du slip le mec.

Le personnage principal, Coste, est sympathique. Mou quand il s’agit des relations mais ça s’explique. Ses acolytes forment une belle équipe, mention spéciale à « Sexy Johanna » (ceux qui l’ont lu comprendront  😀 ).

Le suspense est rondement mené, même si on peut déplorer une sorte de facilité ou de « c’est cousu de fil blanc ». En gros, on devine très vite le/la meurtrier(ière), que Norek ne cache pas d’ailleurs, mais surtout on comprend vite POURQUOI il/elle tue (vous remarquerez que je fais tout ce que je peux pour ne pas dévoiler son identité  😀 ).

Ce livre laisse des questions, mais plus sur l’auteur que sur l’intrigue. Norek est flic dans le 93 (ou du moins il l’était), alors ça me travaille de savoir si Coste, c’est lui. D’ailleurs, Norek, si tu passes par là, n’hésite pas à éclairer notre lanterne.

Pour résumer, jetez-vous dessus (le livre, pas Norek, quoique selon les rumeurs de mes copinautes, il serait très charmant et ouvert  😀 ) !

 

Coup de coeur !

 

Ce livre participe aux challenges

3890

Plan ORSEC 2016

logopolarssharon2

 

Sa vie dans les yeux d’une poupée, Ingrid Desjours

Sa vie dans les yeux d’une poupée, Ingrid Desjours, Thriller, Littérature française, Policier, Pocket

 

4ème de couverture

« Provocateur, cynique et misogyne, Marc est affecté à la brigade des mœurs après un grave accident. Quand, dans le cadre d’une enquête, il croise la douce Barbara, le policier est troublé par son regard presque candide, touché par cette fragilité que partagent ceux qui reviennent de loin. Emu. Au point de croire de nouveau en l’avenir.

Mais il est aussi persuadé qu’elle est la pièce manquante pour démasquer le psychopathe qu’il traque. Et s’il se trompait ? Le pire des monstres est parfois celui qui s’ignore, quand bien même il rêve sa vie dans les yeux d’une poupée… ».

 

L’histoire

Barbara est une jeune femme fragile, qui collectionne les poupées pour palier l’amour que lui refuse sa mère, dure et cruelle. Un drame a eu lieu qui a laissé ses traces.

Le soir de son anniversaire, la jeune femme presse le pas. Elle doit passer chercher les cadeaux qu’elle se fait elle-même : une poupée et une photo. Sa mère va encore la disputer, elle décide alors de prendre un raccourci, et pénètre dans le parc sombre. Sans se douter que sa vie va basculer.

 

L’auteur

Née en 1976, Ingrid Desjours est psychologue spécialisée en sexo-criminologie. Elle est également consultante en psychologie et scénariste pour des séries policières françaises, notamment sur TF1. Echo (Plon, 2009), son premier roman, a été remarqué et plébiscité. Potens a paru en 2010 chez le même éditeur. La même année, Connexions, un roman interactif coécrit par l’auteur et des internautes, a été lancé dans l’émission « Au Field de la nuit » sur TF1. Il est sorti aux éditions Plon en 2011. Ingrid Desjours a écrit depuis Sa vie dans les yeux d’une poupée (2013), aux éditions Plon, et Tout pour plaire (2014) ainsi que Les Fauves (2015) aux éditions Robert Laffont.

 

Ce que j’en pense

Dur. Violent. Insoutenable. Mais un des meilleurs thrillers que j’ai lus.

Impossible de lâcher ce livre.

Alors autant vous prévenir : âmes sensibles s’abstenir. Mais VRAIMENT. La cruauté et la violence de ce roman coupe le souffle, et nous laisse, lecteurs-voyeurs, impuissants et dégoûtants de curiosité « parce qu’on veut savoir la suite ».

Ce roman est une vraie claque.

Et le paradoxe, c’est qu’en parallèle de cette cruauté sans borne, on trouve une fragilité, une douceur et une humanité à la hauteur de cette sombre violence. Un parallélisme parfait.

La genèse d’un psychopathe, avec ses fêlures. Le drame qui aurait pu être évité. Une vie, des vies, brisées.

Et puis ce flic, autre victime de la fatalité, qui survit plus qu’il ne vit.

 

– Qu’est-ce qui vous fait tant souffrir ?

Il n’est rien qui ne l’écorche. Mais comment l’expliquer ? Comment raconter les gens qui parlent fort, les gens qui causent vulgaire. L’odeur, la puanteur de leurs rêves de pacotille, de leurs envies de bas étage, de cette jalousie purulente qui oriente chacun de leurs choix dans une illusion de libre arbitre aussi farfelue que rassurante ? Tout l’indispose dans cette farandole d’égoïstes, d’imbéciles autocentrés qui n’ont rien d’autre que des vitrines virtuelles sur des réseaux saturés pour se faire mousser » (p.132).

 

La rencontre entre deux paumés, deux blessés de la vie. Naïfs et implacables. Sombres et lumineux.

Alors bien sûr, ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains. Je comprends mieux maintenant que je l’ai lu pourquoi mes copinautes de la blogo et de youtube disaient de ce livre qu’il les avait marquées et qu’il fallait du temps pour s’en remettre.

Les personnages sont savamment travaillés. Les caractères sont construits, leur psychologie est réaliste.

L’analyse de la société, des personnages, de la vie, est juste.

 

« Non c’est elle qui m’a trahit. Et c’est le deuil de moi… De mon ancien moi, que je n’ai pas dû faire, je suppose. Et pour être franc, je m’en fiche. Je n’ai pas envie d’aller mieux en effet. Parce que je ne veux pas oublier la souffrance, pour ne plus jamais retomber dans le piège de… ». (p.133-134)

 

« Son orgueil, c’est de caser son cul dans un jean serré. D’arborer un sourire peroxydé et des marques qui coûtent un œil fabriquées par des enfants exploités. La femme d’aujourd’hui c’est une coquille vide». (p.134)

 

« – Je… Je lui demande de se soulager dans sa couche en attendant qu’on lui fasse sa toilette… avoue l’infirmière, honteuse.

– Voilà. Toucher à la dignité d’une personne. La forcer à faire dans une couche juste parce qu’elle ne peut marcher seule. C’est ce que j’appelle déshumaniser les vieux. Ils deviennent animaux, étrangers à leur propre corps, sont obligés de subir des humiliations au quotidien et finissent par préférer glisser dans l’apathie et le détachement en attendant la mort plutôt que de se voir subir ça… » (p.201).

 

Ingrid Desjours a l’écriture fluide, le style juste. Les mots sont crus, les situations parfaitement décrites.

 

 

 

Coup de coeur !

 

Ce livre participe aux Challenges

Plan ORSEC 2016

3890

RAT A Week Spring Edition

Marathon Thriller / Policier

Le mois du Thriller