Code 93, Olivier Norek

Code 93, Olivier Norek

 

4ème de couverture

« Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d’autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d’un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire.

Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d’un mystérieux dossier, le « Code 93 » ?

Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison… ».

 

L’auteur

Olivier Norek est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche du SDPJ 93 (Seine-Saint-Denis) depuis quinze ans. Code 93, son premier roman, a été largement salué par la critique et a reçu en 2015 le prix du public de Saint-Maur en Poche. Territoires (2014) et Surtensions (2016) sont aussi consacrés aux (més)aventures du capitaine Victor Coste et de son équipe. Surtensions a reçu le Prix du polar européen 2016 du Point. Ses ouvrages sont publiés chez Michel Lafon et repris chez Pocket.

Olivier Norek a également participé à créer l’histoire de la sixième saison de la série Engrenages sur Canal +, et est le scénariste du téléfilm Flic tout simplement diffusé sur France  à la fin de l’année 2015.

 

Ce que j’en pense

J’ai entendu beaucoup de compliments sur Code 93. Néanmoins, le fait que ce soit un polar qui se passe en France dans le 93 me rebutait un peu (beaucoup). En effet, je suis plutôt thrillers américains ou anglais. J’ai entendu surtout des éloges par Fann (les lectures de Fann) et elle précisait que c’était la banlieue et que c’était quand même dur. J’imaginais donc du gore, du dégueulasse, du… comment dire… bon on va essayer de le faire soft… du sexuel (dans le genre crime violent). Autant dire pas un livre pour se détendre.

Mais il m’attirait quand même, je ne sais pas pourquoi. Du coup, je l’ai acheté et je l’ai dévoré pendant le week-end à 1000.

Dévoré. Oui. Parfaitement. Je l’ai commencé entre minuit et une heure du matin si je me souviens bien, et je me suis obligée à le lâcher à 5h30. Il me restait une centaine de pages (j’avais fait quelques pauses, vous connaissez le week-end à 1000, j’avais déjà lu un autre livre avant). Si je m’étais écoutée je l’aurais terminé d’une traite, mais il fallait être raisonnable.

Je ne m’attendais pas à une telle histoire. Ce livre est un page turner incontestablement. L’écriture est fluide et les personnages (du moins les « gentils ») sont attachants. Tout n’est pas parfait cependant.

Je vais commencer par la critique qui ne vise pas l’auteur puisqu’il s’agit de la 4ème de couverture. Quand c’est notre premier Norek, je pense qu’on peut la lire. Mais après l’avoir lu, on se rend compte que c’est le plan détaillé du livre. Très mauvais boulot de la maison d’édition pour le coup.

Il faut allécher le lecteur, mais pas lui donner TOUTES les grandes lignes. Sinon autant écrire le nom du meurtrier ou de la meurtrière.

Autre petit défaut, concernant l’histoire, c’est peut-être une transition un peu difficile entre la première et la deuxième partie. Il manque un lien qu’on trouve entre les autres parties. Là on passe du coq à l’âne un peu trop abruptement et le temps que l’histoire se mette en place, on se pose des questions (« j’ai changé de livre ? »).

Enfin, et là, Norek, tu viens de vexer une marseillaise : c’est quoi ça, comparer le 93 à Marseille ! Certes il y a des règlements de compte, mais de là à laisser entendre que Marseille tout entière est comme le 93 c’est exagéré. Je te le dis, dans ma tête (et même à haute voix chez moi), je t’ai traité de parigot (et d’autres noms d’oiseaux). Je me doute bien qu’on ne nous dit pas tout, mais c’est comme dire que tout Paris est le 93.

Maintenant, les compliments.

C’est très très rare que je lise un livre d’une traite, surtout un thriller. Surtout (oui je me répète) un auteur que je ne connais pas, dont c’est mon premier livre. Comme je vous disais plus haut, je m’attendais à du dégueulasse. Ne nous mentons pas, les morts (ou pas ! ) ne sont pas attaqués de manière douce et délicate. Mais Norek ne fait pas dans la surenchère. Ce qui l’intéresse, si j’ai bien compris son truc, en tant que flic, c’est l’enquête, démêler les fils qui le conduiront au coupable. Et il ne porte pas de jugement. En même temps, il est blasé du slip le mec.

Le personnage principal, Coste, est sympathique. Mou quand il s’agit des relations mais ça s’explique. Ses acolytes forment une belle équipe, mention spéciale à « Sexy Johanna » (ceux qui l’ont lu comprendront  😀 ).

Le suspense est rondement mené, même si on peut déplorer une sorte de facilité ou de « c’est cousu de fil blanc ». En gros, on devine très vite le/la meurtrier(ière), que Norek ne cache pas d’ailleurs, mais surtout on comprend vite POURQUOI il/elle tue (vous remarquerez que je fais tout ce que je peux pour ne pas dévoiler son identité  😀 ).

Ce livre laisse des questions, mais plus sur l’auteur que sur l’intrigue. Norek est flic dans le 93 (ou du moins il l’était), alors ça me travaille de savoir si Coste, c’est lui. D’ailleurs, Norek, si tu passes par là, n’hésite pas à éclairer notre lanterne.

Pour résumer, jetez-vous dessus (le livre, pas Norek, quoique selon les rumeurs de mes copinautes, il serait très charmant et ouvert  😀 ) !

 

Coup de coeur !

 

Ce livre participe aux challenges

3890

Plan ORSEC 2016

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Aspic Les détectives de l’étrange, Tome 2 L’Or du vice

Aspic Tome 2, L’Or du vice, Thierry Gloris, Jacques Lamontagne, Quadrants, Esotérisme, Fantastique, Fantômes, Challenge Halloween, Challenge XIXème siècle, Challenge Thrillers et Polars, Thriller, Polar

4ème de couverture

« Le grand Auguste Dupin piétine à résoudre le mystère de la disparition de la naine aux ectoplasmes. Il ronchonne, comme à son habitude. Opiniâtre, Dupin suit la moindre piste que trahissent de maigres indices. Son assistante, Flora Vernet, se démène en parallèle d’une manière bien moins orthodoxe, mais néanmoins terriblement efficace.

La sémillante et combative Flora, que Dupin met à l’écart de ses affaires – car détective n’est pas un métier de femme – passe outre. Par un quiproquo provoqué, elle trouve son tout premier client en la personne d’Hugo Beyle, à qui l’on vient de voler la montre à gousset.

Or, rapidement, tout semble indiquer que les deux enquêtes ne font qu’une ! Analyse de traces, recoupement de faits, confrontation des résultats et pour finir… occultisme ! La tournure de cette énigme dépasse résolument la frontière du rationnel. Dès lors, aurez-vous l’audace de suivre nos héros sur ces chemins de l’étrange ? ».

 

Les auteurs

Thierry Gloris

Jacques Lamontagne

Pour leur biographie, c’est par ici (dans l’article sur le tome 1  😉   )

 

L’histoire

Alors que Dupin met Flora à l’écart de l’enquête sur la disparition de Kathy Wuthering, celle-ci trouve en Hugo Beyle son premier client personnel.

Bientôt, les deux enquêteurs comprendront que les deux affaires sont plus liées qu’ils ne le croyaient…

 

Ce que j’en pense

Cet épisode est la suite directe du tome 1. On y retrouve la même atmosphère du Paris du 19ème siècle, les personnages sont toujours aussi déterminés, et on peut dire que la suite de la série se met en place.

Les auteurs ont laissé une part plus importante au fantastique. Il y a aussi plus de noirceur dans ce tome 2.

Une bonne BD  🙂

 

Bonne soirée…

 

Cette BD participe aux Challenges :

Challenge Halloween de Lou et Hilde
Challenge Halloween 2013, Challenge Halloween, Lou et Hilde, Halloween, Halloween 2013

Challenge XIXème siècle de Keira et Fanny
Challenge XIXème siècle

Challenge Thrillers et Polars de Liliba
Challenge Thrillers et Polars, Liliba

Thèse sur un homicide, de Diego Paszkowski

Thèse sur un homicide, Diego Paszkowski
Ce livre a été lu dans le cadre de la Voie des Indés 2013, organisée par libfly, Libr’Aire, Mediapart et Soirées de la petite édition.

Je remercie les Editions La dernière goutte pour l’envoi de ce roman.

 

4ème de couverture

« Un brillant étudiant français, Paul Besançon, est admis à suivre le séminaire de droit pénal de la faculté de Buenos Aires, que dirige l’éminent professeur Roberto Bermudez. Tandis qu’en France, la famille du jeune homme découvre qu’il a volontairement laissé d’étranges indices derrière lui, Roberto Bermudez remarque bien vite que son étudiant méthodique et obsessionnel n’est pas qu’un bon élève. Paul Besançon emploie manifestement toute son intelligence à défier son professeur, jusqu’à élaborer une thèse singulière qu’il compte bien valider dans le sang ».

 

L’histoire

Paul Besançon est un étudiant en droit brillant, fasciné jusqu’à l’obsession par l’actrice Juliette Lewis. Son père, un ancien diplomate, l’envoie effectuer un séminaire en droit pénal tenu par son ami l’éminent professeur Roberto Bermudez, un juriste chevronné qui a gravi les échelons à force de travail et de talent.

Paul a un comportement étrange aux yeux de son père, et ce dernier compte sur son ami pour l’aider à cerner la personnalité de son fils, lequel a laissé derrière lui en partant d’étranges indices, de nombreux films de Juliette Lewis.

Paul n’est pas un étudiant comme les autres. Fermement décidé à démontrer que la Justice est impuissante, il décide de commettre un meurtre contenant le maximum de circonstances aggravantes et puni des plus lourdes peines. Le tout en restant impuni, traversant les mailles du filet de cette Justice qu’il considère inapte.

 

L’auteur

Diego Paszkowski est né à Buenos Aires en 1966. Il est romancier et nouvelliste. Il dirige des ateliers d’écriture et enseigne à l’université. Son roman, « Thèse sur un homicide », s’est vu décerner le prix du meilleur roman de l’année par le grand quotidien argentin La Nacion. Best-seller en Argentine, traduit en plusieurs langues, le livre a été adapté au cinéma avec un succès retentissant.

 

Ce que j’en pense

Ce livre est fascinant. Une fois commencé, il est impossible de le lâcher. L’écriture, nerveuse, retranscrit avec talent le flot de pensées des personnages. On réfléchit avec eux, on est dans leurs pensées. On assiste, en spectateurs impuissants et silencieux, au crime barbare perpétré par un étudiant devenu fou à lier.

Et pourtant cet étudiant captive. Son intelligence machiavélique, son culot, son aplomb, sa détermination, mais aussi la fêlure qui s’insinue peu à peu, la culpabilité, la folie qui le gagne. La folie de son obsession pour l’actrice Juliette Lewis.

Et le personnage du professeur Bermudez, homme de loi et de principes, aux blessures du cœur, qui refusera d’assister sans rien faire au triomphe de ce meurtrier qui le nargue.

Le combat du bien contre le mal. L’efficacité de la Justice.

Chaque chapitre retranscrit en alternance les pensées de Paul Besançon, et du professeur Bermudez. Tandis que ceux concernant Paul relatent sa théorie du meurtre, d’un contenu cynique, obsessionnel, et se font l’écho de son complexe de supériorité intellectuelle, ceux relatifs à Bermudez concernent davantage le récit de sa vie, de son quotidien, de ses blessures. Le contraste entre l’homme de bien et l’homme du mal.

Ce livre est puissant. Par certains côtés il m’a fait penser au film d’Hitchcock, « La corde », dans lequel deux étudiants en droit tuent et cachent le corps de leur victime dans un coffre toute une soirée. Soirée au cours de laquelle ils reçoivent leur professeur, et considèrent avoir commis le crime parfait.

Ce roman aborde la délicate question de l’efficacité de la Justice, mais aussi, sous-jacente, la question du meurtre parfait. Du déchaînement des passions humaines, de ce que serait une société sans Justice, dans laquelle les Hommes se tueraient entre eux impunément, sans raisons, sans châtiments.

Le duel entre le bien et le mal, entre l’élève et son professeur s’achève de façon magistrale.

Je vous recommande ce livre.

 

Extraits et citations

« Je ne veux pas de motif de distraction. Je ne supporte pas que vous soyez distraits, je vous l’ai déjà dit. Si vous êtes distraits au moment de rédiger un document, ou bien lorsque vous devez parler devant un juge, si vous vous laissez distraire ne serait-ce qu’une seconde, vous pouvez envoyer un homme en prison. C’est la seule chose qui importe, la manière dont vous défendez. Chaque jugement est différent, chaque jugement peut être une œuvre d’art. Si vous ne commencez pas à penser que vous êtes des artistes, vous ne persuaderez jamais personne de quoi que ce soit. Vous allez donc dès maintenant essayer d’utiliser tout ce que vous savez, et pas seulement les deux ou trois âneries apprises pendant vos études. Vous allez vous servir de tout. Si un jour vous êtes allés au musée, et j’espère bien que c’est le cas, ou si vous vous intéressez à la littérature classique ou au théâtre, tout peut vous être utile. Un avocat cultivé vaut mieux qu’un inculte surdiplômé » (p.26-27).

« Il aura voulu me surprendre, le pauvre. Il ne sait pas à qui il a affaire. Après ma relation avec Roxana, après avoir cru que mon mariage allait durer toute la vie et m’être rendu compte un jour, d’un  coup, qu’elle allait partir, qu’elle partait pour toujours, bien peu de choses peuvent me surprendre » (p.76).

« Espérons que la justice fonctionne. Si dans la vie ni le couple ni l’amour ne fonctionnent, si je n’ai pas pu avoir d’enfants et si hier j’ai descendu une bouteille entière de J&B, qu’au moins la justice fonctionne, elle. Sinon, il ne nous reste rien » (p.131).

 

Prix reçu

Prix du meilleur roman de l’année, décerné par le quotidien La Nacion

 

Bonne après-midi…

 

Ce livre participe aux Challenges suivants :

Thrillers et Polars de Liliba
Challenge Thrillers et Polars, Thrillers et Polars, Thriller, Polar, Challenge Thrillers et Polars Liliba, Liliba

A tous Prix d’Asphodèle
A Tous Prix, Challenge A Tous Prix

 

Ce livre participe à La voie des Indés

La voie des Indés, Libfly