Les filles de Salem, Thomas Gilbert

Les filles de Salem, Thomas Gilbert, Chroniques Littéraires, Dargaud, BD

 

4ème de couverture

« Je me nomme Abigail Hobbs.

J’ai quatorze ans.

J’habite avec mes parents à Salem Village.

J’ai vécu une enfance heureuse, à l’abri des soucis.

Oui, pas le moindre nuage à l’horizon.

Puis il y eut ce jour fatidique. J’étais dans ma treizième année.

Je m’en souviens précisément… Le jour où tout a commencé… ».

 

 

L’auteur (scénariste, dessinateur, coloriste)

Né en 1983, Thomas Gilbert passe une année aux Beaux-Arts de Paris et trois à Saint-Luc (Bruxelles) en option bande dessinée avant de commencer sa carrière d’auteur, en 2009, avec la sortie du premier tome de deux séries : « Oklahoma Boy » (Manolosanctis) et « Bjorn le Morphir » (Casterman). Ses premières influences sont à trouver du côté de « L’Association », qui lui ont permis de comprendre l’importance du point de vue l’auteur sur la construction du récit. Aujourd’hui, ses sources d’inspiration se retrouvent, entre autres, dans les univers de Taiyo Matsumoto ou de Michael DeForge.

Depuis, il a dessiné plusieurs albums jeunesse (« Nordics », Sarbacane) et signé en solo des projets plus personnels pour adultes (« Sauvage ou la sagesse des pierres » , Vide Cocagne) .

Dans ses albums, Thomas recherche un lien fort avec le lecteur en creusant des questionnements qui l’interpellent, en espérant le remuer, lui faire partager ses émotions, son énergie.

Il travaille à l’atelier Mille, à Bruxelles, un endroit qu’il partage avec d’autres auteurs de bandes dessinées comme Jérémie Royer, Émilie Plateau, Léonie Bischoff, Nicolas Pitz, Flore Balthazar, Tiff et Monsieur iou.

En 2018, il sort « Les Filles de Salem » (Dargaud), Une plongée passionnante et terrifiante dans l’univers étriqué et oppressant de la colonie de Salem, en Nouvelle-Angleterre, au 17e siècle.

Pour cet album, Thomas Gilbert s’est intéressé de manière personnelle et engagée à un événement marquant de l’histoire américaine : le procès des sorcières de Salem.

Très documenté, son travail lui a permis, au-delà du récit des faits, de questionner des thématiques qui lui sont chères comme l’enracinement insidieux de la haine au coeur du système moral et judiciaire dans nos sociétés dites modernes ou progressistes.

 

Ce que j’en pense

Cette BD ne m’a pas laissée indifférente, bien qu’elle m’ait laissée sur ma faim.

Avant tout, un mot sur l’objet en tant que tel. Le travail graphique est à souligner. Les couleurs, la couverture… l’esthétisme y est.

J’ai un peu moins adhéré au dessin en lui-même. Pourtant, en y réfléchissant bien, je pense que ce dessin n’est pas anodin. Il sert l’histoire en elle-même.

Les faits sont tragiques. Et malheureusement tellement intemporels !

Des femmes vont avoir un destin funeste, soupçonnées de sorcellerie, au seul motif de l’ignorance, la méchanceté, la manipulation et l’étroitesse d’esprit d’une poignée d’hommes avec en chef de file le révérend du village dont l’obscurantisme est consternant.

Cette BD, c’est l’histoire d’une jeune fille qui devient femme en ayant ses règles. Dès lors, son monde bascule. Les hommes commencent à poser un regard lubrique sur elle, ses parents ont un comportement navrant, démontrant par là-même combien la Femme en tant que telle est déconsidérée et réifiée.

La Femme EST le mal pour ces étroits d’esprit.

Thomas Gilbert retranscrit bien ce phénomène. Peu à peu on assiste à une descente aux enfers des unes (les femmes) sous la conduite des autres (les hommes).

La haine devient palpable au fil des pages. Et surtout la bêtise humaine.

Ce qui interpelle aussi dans cette BD, c’est que l’auteur n’a pas versé dans la facilité du salace. Des scènes dures de mises à nu sont dessinées de manière respectueuse, et les femmes ne sont pas représentées selon les standards de la société. Qu’elles soient jeunes, vieilles, belles, moches, saines d’esprit ou plus folles. Au travers de ces personnages, c’est la Femme qui est mise en avant. Tout ce qu’elle a pu subir de par sa condition de Femme.

Il y a un aspect touchant aussi dans cette histoire. C’est l’union de ces pestiférées entre elles. Une union sacrée, une sororité qui s’instaure. L’amitié entre ces femmes est belle.

Comment ne pas être en colère contre ce traitement réservé aux Femmes ?

Comment ne pas faire le rapprochement avec toutes ces personnes maltraitées au seul motif de l’ignorance et de la méchanceté de certains.

Mais cela est un autre débat.

Je vous recommande cette BD. Il est important de prendre conscience de ce qu’il existe. Et comprendre que l’on peut changer les choses en s’instruisant.

 

Ce livre est dédié aux sorcières d’aujourd’hui et de demain.

Que le feu jamais ne s’éteigne !

 

Cette BD participe au Challenge FeminiBooks

 

 

Les filles de Salem, Thomas Gilbert, Chroniques Littéraires, Dargaud, BD

Les filles de Salem, Thomas Gilbert

(Dargaud – 198 pages – 2018)

 

Ma sélection spéciale «sorcières » (et sorciers)

Livres et BD sorcières, Walpurgis

 

Hilde nous a proposé de fouiller dans nos PAL pour y débusquer des sorcières (sorciers) qui s’y seraient cachées. La tâche, contre toute attente, n’a pas été aisée pour ma part. Si je suis pourvue en fantômes et autres hantises, les sorcières ne sont que peu représentées dans ma bibliothèque. J’ai tout de même pu dénicher quelques pépites, dont deux livres que je lisais étant enfant.

 

Romans

Livres et BD sorcières, Walpurgis

iconechaudron  Le sorcier le plus célèbre de tous les temps, j’ai nommé Harry Potter ! Je n’ai photographié que le premier tome « Harry Potter à l’école des sorciers » de J.K Rowling, mais à l’exception de l’Ordre du Phoenix et des reliques de la mort, j’en ai cinq autres.

iconechaudron  «La sorcière de la rue Mouffetard et autres contes de la rue Broca » de Pierre Gripari. J’ai lu et relu ces histoires quand j’étais enfant.

iconechaudron  «Contes pour les enfants et les parents 1» de Jakob et Wilhelm Grimm. Pour la sorcière de Hansel et Gretel.

 

BD

Livres et BD sorcières, Walpurgis

iconechaudron  Mélusine, Tome 1 Sortilèges et Tome 2 Le bal des Vampires, de Clarke et Gilson.

 

Je retourne à mes chaudrons, Walpurgis c’est ce soir  😀

 

Walpurgis, Challenge Halloween