Personne ne le croira, Patricia MacDonald

Personne ne le croira, Patricia MacDonald, Albin Michel

 

4ème de couverture

« Nouveau nom, nouvelle ville, nouveau départ… Hannah et Adam n’aspirent qu’à mener une vie paisible et sans histoire aux côtés de leur adorable petite Cindy sur laquelle ils veillent tendrement. Attirant sur eux l’attention des médias, une tragédie inattendue vient bouleverser les plans du couple. Pour échapper au danger qui les menace, ils vont devoir affronter un passé qu’ils tentaient d’oublier. Et qui les a rattrapés.

Patricia MacDonald n’a jamais été aussi loin. Exploration au scalpel d’une famille ordinaire, Personne ne le croira nous plonge au cœur d’un cauchemar insoupçonnable. Dont la première victime est… une petite fille innocente ».

 

L’histoire

Hannah et Adam, un couple discret et apparemment sans histoire, vit à Philadelphie avec leur petite Cindy. Alors que la petite est gardée par une baby-sitter, un accident survient. Rendus sur les lieux, Hannah et Adam vont se retrouver sous les feux des médias. Ils ont peur. Quel est ce danger qui les menace ? Et quel est ce passé qui les rattrape ?

 

L’auteur

Patricia MacDonald a débuté sa carrière dans le journalisme. Après avoir collaboré à de nombreux magazines, elle décide de se lancer dans l’écriture. En 1985, son premier roman, Un étranger dans la maison, est publié. Personne ne le croira est son 18ème suspense après notamment La double mort de Linda, Une nuit, sur la mer. Quatre de ses livres ont été adaptés pour la télévision.

Patricia MacDonald s’impose depuis des années comme une des reines internationales du thriller psychologique.

 

Ce que j’en pense

Le premier thriller de Patricia MacDonald que j’ai lu, La double mort de Linda, m’avait marquée de par la qualité d’écriture, le suspense, l’aspect psychologique de l’histoire. Une construction minutieuse et finement ciselée. C’est d’ailleurs un livre que je recommande souvent aux personnes qui souhaite lire un bon thriller mais qui ne sont pas attirées par le gore.

Personne ne le croira, son 18ème suspense, c’est un thriller tout aussi réussi… puissance mille.

La plume de Patricia MacDonald, fluide et précise, nous entraîne dans une histoire machiavélique. Jamais thriller psychologique ne m’avait autant marquée, et je pèse mes mots. L’horreur absolue n’est pas forcément dans les crimes de sang les plus violents.

L’histoire est tout bonnement insoutenable. C’est la première fois qu’à la fin d’un chapitre, notamment, je pose le livre, ouvert devant moi, comme hébétée par ce que je viens de lire. Il m’a fallu quelques minutes pour assimiler la chose.

Inutile de vous dire que je n’ai pas pu lâcher ce roman avant d’en connaître le dénouement. La construction est intéressante, le dénouement réserve encore son lot de suspense.

Ce qui m’a marquée (j’utilise beaucoup ce mot dans cet article, mais quand vous aurez lu ce livre vous comprendrez pourquoi il n’y en avait aucun autre plus approprié) c’est que l’auteur travaille la psychologie des personnages dans le détail. Tout n’est pas soit blanc soit noir. Les nuances existent. Sont-elles toutes acceptables ? Quelles sont les limites ?

Ce thriller pose des questions fondamentales : on se rend compte que les frontières entre le bien et le mal, pourtant universelles, sont totalement subjectives. Peut-on s’affranchir des limites pour faire ce que l’on pense être « le bien » ?

« Elle aurait dû éprouver du soulagement. De la gratitude. Mais son instinct édictait sa propre loi : il lui criait que Franck était un soldat entraîné à tuer. Ce fut un réflexe, irrationnel mais impérieux – la volonté, malgré tout, de protéger son enfant » (page 337-338).

Jamais roman n’aura aussi bien porté son titre.

 

Merci aux Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman.

 

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Catégorie Thrillers

La mémoire des murs, Tatiana de Rosnay

Tatiana de Rosnay, La mémoire des murs

 

4ème de couverture :

« Lorsqu’on entre quelque part, on peut s’y sentir merveilleusement bien ou, au contraire, horriblement mal. Comme si les pierres s’imprégnaient de joie ou de chagrin pour plus tard s’en décharger et les restituer.

Fraîchement divorcée, Pascaline, une informaticienne de quarante ans, vient de trouver l’appartement de ses rêves. A peine installée, elle apprend que ces murs ont été témoins d’un crime. Lentement, par touches infimes, ce drame fait surgir en elle une ancienne douleur, une fragilité restée longtemps enfouie. Pour en finir avec son passé, elle se lance alors sur les traces d’un tueur en série. Une quête obsessionnelle qui ravive ses blessures et l’amène à la lisière de la démence. »

 

L’auteur :

Tatiana de Rosnay est née le 28 septembre 1961, à Neuilly sur Seine, de mère anglaise et de père franco-mauricien russe (le scientifique Joël de Rosnay). Après des études littéraires en Angleterre, à l’université de East Anglia, Tatiana a travaillé à Paris tant que journaliste pour le magazine américain Vanity Fair avant de publier son premier roman « l’Appartement Témoin », (Fayard) en 1992. Elle a enchaîné avec Psychologies, en 1997, puis avec ELLE en 2000, et le JDD en 2008,  tout en continuant à publier des romans.

Ses romans, comme « Elle s’appelait Sarah » (prix Chronos, prix des lecteurs de Corse et prix des lecteurs-choix des libraires du Livre de Poche) et « Boomerang », sont traduits dans 38 pays et se sont vendus à plus de 4 millions d’exemplaires.

 

Ce que j’en pense :

Dérangeant. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit lorsque je referme ce livre. Dérangeant non pas parce qu’il serait mal écrit ou inintéressant, bien au contraire. Dérangeant parce que l’on assiste, impuissants au naufrage d’une femme. Le basculement est insidieux, vicieux même. Pourtant il aurait pu être évité, se dit-on (pour se rassurer ?).

C’est le roman d’une vie qui bascule et s’effondre à cause de la mémoire. La mémoire des murs, cette atmosphère pesante qui nous perturbe jusqu’au plus profond de notre être. La mémoire de nos souvenirs douloureux enfouis au plus profond de notre capacité d’oubli, et qui ressurgissent, tel un poison s’insinuant dans nos veines jusqu’à nous empoisonner tout entier sans espoir d’être sauvé.

Les murs ont une mémoire. La mémoire des drames passés, qui font écho à nos drames personnels jusqu’à nous envahir tout entier. C’est ce qui arrive à l’héroïne de ce roman qui finit par perdre pied, toute à son obsession de découvrir la vérité, toute à son obsession de savoir.

Il y a des choses qu’il vaut mieux ignorer. Mais le peut-on vraiment ? N’y a-t-il pas en chacun de nous une faille prête à s’ouvrir et à nous engloutir à la moindre occasion ? La mémoire des murs n’est-elle pas en réalité le reflet de notre propre souffrance (ou joie) qui nous est renvoyée tel un boomerang.

J’ai dévoré ce livre. L’écriture est fluide, comme j’aime, l’auteur nous embarque dans son histoire avec une facilité et un talent indéniable. On est dans l’histoire, on guette avec une impatience mêlée d’inquiétude la folle quête de Pascaline.

Je m’attendais à un roman sur un appartement qui a gardé la mémoire d’un drame, et qui le rejoue sans cesse, à la manière d’une maison hantée. Tatiana de Rosnay m’a emmenée dans une histoire effrayante mais profondément humaine.

En refermant ce livre, j’ai refermé l’histoire d’une hantise, celle de la souffrance d’une femme.

 

Citation :

« J’ai regardé les fenêtres, les rideaux tirés, et j’ai encore souri. Ils ne se doutaient de rien. Mais moi, je savais que la jolie maison se rappellerait.

Les murs se souviennent, toujours. »

 

Bonne soirée…

 

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