Sukkwan Island, David Vann

Sukkwan Island, David Vann

 

4ème de couverture

« Le monde à l’origine était un vaste champ et la Terre était plate. Les animaux arpentaient cette prairie et n’avaient pas de noms. Puis l’homme est arrivé, il avançait courbé aux confins du monde, poilu, imbécile et faible, et il s’est multiplié, il est devenu si envahissant, si tordu et meurtrier à force d’attendre que la Terre s’est mise à se déformer. »

« Une île sauvage de l’Alaska, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim emmène son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs, il voit là l’occasion d’un nouveau départ. Mais le séjour se transforme vite en cauchemar… 

Sukkwan Island est une histoire au suspense insoutenable, une expérience littéraire inoubliable ».

 

Prix Médicis étranger

Prix des Lecteurs de l’Express

 

L’auteur

David Vann est né en 1966 sur l’île Adak, en Alaska. Il a travaillé à l’écriture de son premier roman Sukkwan Island, pendant plus de dix ans. Publié en France en 2010, ce livre a obtenu le Prix Médicis étranger et est aujourd’hui traduit en quinze langues dans plus de cinquante pays.

 

Ce que j’en pense

Magistral. Ce livre est tout bonnement magistral.

David Vann sait surprendre son lecteur, l’emmener dans hors des sentiers battus. Ce livre vous prend aux tripes et vous donne une claque dont vous vous souviendrez !

En commençant ce livre, je m’attendais à une histoire limite banale de relation père-fils bancale qui s’améliore dans l’écrin glacial d’un coin paumé d’Alaska. Je m’attendais à un récit à la Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie.

En-dehors de l’isolement et des températures, oubliez de suite la comparaison. Ces livres ne sont pas comparables.

Côté écriture, David Vann à la plume fluide, vous tournez les pages à grande vitesse, déjà parce que ça se lit bien et puis… l’histoire.

J’ai lu ce livre en lecture commune avec Denis. Nous avons pour principe de nous fixer un nombre de pages ou de chapitres par jour. Je peux vous assurer qu’il m’a été impossible à partir de la moitié de tenir tant le suspense est à son comble. Quant à la fin de la dernière partie, je n’ai pas honte de dire qu’elle m’a laissée sur le c…

Les personnages sont travaillés dans la minutie de leur caractère. On sent les fêlures, les manques, la détresse, la douleur, la solitude.

Le roman est découpé en deux parties qui sont réparties équitablement, si j’ose dire, entre le père et le fils. David Vann a choisi une manière très habile de découper ces parties. Dans la première, on ne connaît que le prénom du fils Roy, qui sera le héros de ces mésaventures. Un garçon courageux, qui, par la force des choses, deviendra adulte, le père de son père.

Ce dernier, dont on ne connaîtra l’identité qu’en fin de première partie dans une transition savamment orchestrée est un père déficient, dont le cerveau, passez-moi l’expression, réside derrière sa braguette. Il est égoïste, égocentré, père absent, dépressif et suicidaire. Le père parfait quoi ! (ceci est de l’ironie, on est d’accord).

Certes, tout n’est pas parfait, et le texte souffre de quelques longueurs. Après avoir reposé le roman et pris le temps d’assimiler le coup de tonnerre de cette lecture, je me suis dit qu’en réalité, les longueurs reflètent le temps qui passe lentement et l’ennui profond de se retrouver dans un coin aussi isolé, sans rien d’autre comme compagnes que la solitude et la peur.

Un troisième personnage, si on peut l’appeler comme ça, est omniprésent dans tout le roman. Ketchikan, leur lieu de vie. Répété inlassablement il fait partie des lieux comme un compagnon qui permet de supporter l’isolement, un rempart contre la rudesse et un lien avec la vie d’avant… et l’espoir d’y retourner au bout de cette longue année.

On se demande rapidement où David Vann veut nous mener. Un peu comme Roy qui se demande ce qu’il fout là, au milieu de nulle part, avec un père absent avec qui il a du mal à communiquer. On somnole un peu au détour de quelques pages, comme les personnages trompent l’ennui dans les bras de Morphée.

Et puis…

Vous prenez la claque.

Ce livre, âpre et dur reste à ce jour certainement ma meilleure lecture de l’année 2016. Et peut-être même une de mes meilleures lectures de ces dernières années.

 

Coup de coeur !

 

Ce livre participe à la lecture commune avec Denis, avec qui nous avons partagé le même coup de cœur pour cette histoire . Pour lire son avis c’est par ici !

 

Ce livre participe aux Challenges

Le mois américain is back !

Plan ORSEC 2016

3890

 

 

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8 réflexions sur “Sukkwan Island, David Vann

  1. Pingback: Le mois américain 2016 – Billet récapitulatif | Plaisirs à cultiver

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